Bonsoir,
Apprendre à utiliser un ordinateur de façon « raisonnée » ne s’improvise pas.
Une expérience de formateur d’adulte en bureautique puis d’enseignant en collège m’a montré la difficulté inhérente à cet apprentissage.
Or, beaucoup d’adultes, aujourd’hui en âge d’être décisionnaires, ont appris « sur le tas », au prix d’un investissement personnel important, et sous-estiment de ce fait la nécessité d’un apprentissage structuré.
La « structure d’apprentissage » a pourtant existé, dans tous les collèges de France, durant une petite dizaine d’année, jusqu’en 2005.
Des professeurs formés et certifiés par l’Education Nationale, avaient dans leurs programmes de 6°, à titre d’exemple, les compétences attendues suivantes pour le « traitement de l’information textuelle » :
• mettre en route le micro-ordinateur, lire le menu, lancer le logiciel, choisir les commandes, quitter le logiciel ;
• adopter la posture pertinente devant le poste informatique ;
• imprimer un texte ;
• sauvegarder, stocker un texte en mémoire ;
• mettre en forme un texte en recourant au gras, à l’italique, aux majuscules, en utilisant l’alignement, le retrait de paragraphe, le centrage ;
• modifier un texte en supprimant, en insérant, en substituant des caractères, des mots, des phrases ;
• créer un fichier.
L’apprentissage continuait en 5°, 4° et 3°, par l’étude successive, puis l’utilisation, du tableur, logiciel de PAO, de PréAO, ...
Un volume horaire relatif important était à l’époque réservé à cet apprentissage, des dotations horaires permettaient un véritable travail pédagogique en effectif réduit, centré sur l’utilisation raisonnée de l’outil.
Les notions délicates de fichiers, de dossiers, d’arborescence, de volume d’information (et leurs ordres de grandeur), étaient étudiées et précisément évaluées.
Le programme de cette discipline de collège a été complètement modifié, à partir de 2005, faisant disparaître d’un trait de plume, le temps alloué à toutes ces connaissances et compétences « instrumentales » informatiques.
Les élèves sont aujourd’hui censés utiliser l’outil sans avoir pris le temps d’apprendre à l’utiliser.
L’avènement (médiatique) et l’échec (relatif ?) du B2I est symptomatique : tous les enseignants peuvent valider des compétences mais aucun d’entre eux n’a plus le temps prévu (ni quelquefois les compétences) pour distiller cet enseignement, pourtant indispensable à une communication efficace.
La discipline en question est la technologie.
De nombreux professeurs de technologie de collège regrettent la disparition de cet apprentissage structuré de leur programme, apprentissage qu’ils ont exercé dans l’ensemble je crois avec beaucoup de sérieux et de motivation, au prix pour certains d’un effort personnel considérable.
Comment peut-on (et pourquoi ?) casser quelque chose qui marche ?
Cordialement