Mission Fourgous pour les Tice

Thème 3 : Les acteurs de la réussite scolaire

jeudi 17 septembre 2009

Thème 3 : les acteurs de la réussite scolaire

  • Comment favoriser l’usage des TICE par les enseignants ?
  • Quel est le rôle des personnels d’encadrement ?
  • Comment former et accompagner les enseignants afin de favoriser les usages ?
  • Quel type de ressources ? ...

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17 contributions

  • Thème 3 : Les acteurs de la réussite scolaire 19 septembre 2009 10:01, par MATHIEU

    Mon propos est partial, il est délibérément orienté du point de vue enseignant. Il ne s’agit pas ici de faire un compte rendu exhaustif de l’usage des tice à l’école mais bien de donner un point de vue qui n’engage que son auteur. Point de vue sur les évolutions qui vont être capitales pour les dix prochaines années avec la nécessité de faire entrer nos enfants (et leurs enseignants) dans l’ère des nouvelles technologies par un usage raisonné plutôt que par la contrainte.

    Diagnostic
    Analyse de besoins ?

    J’ai lu avec attention le dernier document de la cellule d’animation nationale sur les ENT sur le mode d’emploi ENT en collège et au Lycée. Je souscris à l’analyse et à la démarche… pour le collège et le lycée. Les nombreuses fonctionnalités plutôt administratives et assez peu pédagogiques sont peut-être suffisantes dans le secondaire pour amener les enseignants à utiliser les Tic en classe même si les premiers résultats d’enquêtes sur leur utilisation incitent à la prudence. Il va en être tout autrement dans le primaire ou seuls les directeurs peuvent trouver un intérêt (administratif) immédiat à ce genre d’outil. Pour la majorité des enseignants, l’utilisation d’un ENT rajoutera « encore » une surcouche de travail à leur quotidien.

    L’arbre qui cache la forêt

    Il n’est pas question de rejeter en masse toute initiative ou service ou innovation à destination des enseignants mais bien de se poser la question de leur pertinence, de leur généralisation au delà de ces 10 ou 15% d’enseignants « enthousiastes ».
    En effet, choisissez un titulaire remplaçant brigade dans n’importe quel département, posez lui la question de ce qu’il a vu dans les 20 dernières écoles où il est intervenu. Ses réponses vous éclaireront sur le degré de pénétration de l’usage des TICE dans les écoles.
    « Faire des TICE » est une expression qui est souvent entendue dans les cours d’école… Elle donne la mesure de leur degré d’intégration et des usages qui en découlent.
    Il est bon de communiquer sur les initiatives cohérentes en matière d’usage réel des TICE en classe. Il serait dangereux d’imaginer que c’est une généralité et de s’en contenter.

    Le quotidien d’un enseignant

    J’ai plus ou moins 160 jours de classe à animer avec 6 heures par jour, soit 960 heures pendant lesquelles je vais proposer des documents, des exercices, faire des évaluations, des remédiations, etc. Il est bien évident que je ne « prépare » pas d’une façon complète toutes mes interventions mais sur plusieurs années, quand je n’ai pas perdu mes fiches sous mon bureau ou dans mon ordinateur, je dispose d’une base de travail qui me permet de passer entre 2 et 4 heures par jour à la préparation de mes séances pédagogiques (500 heures).
    On peut noter que dans les ENT qu’il m’a été possible de consulter, je n’ai vu que quelques fonctions (cahier de texte par exemple) qui vont me permettre de « communiquer » sur mon travail. J’ai vu aussi des espaces collaboratifs où je vais pourvoir échanger des documents et des pratiques.

    J’ai utilisé l’ENT pour cette rentrée (classes, cantine, et relations « administratives ») mais vais-je avoir le temps et surtout le besoin d’y retourner pendant l’année ?

    Il faut donc essayer de poser le problème sur la réalité quotidienne des enseignants du premier degré.
    En effet, la charge de travail des enseignants ne cesse d’augmenter au fur et à mesure de la création de nouvelles tâches comme les ppap, les projets de toutes sortes, les évaluations diverses…
    Nous, les enseignants, avons besoin d’outils qui puissent nous permettre de gagner du temps dans notre pratique quotidienne. Sur mon bureau, les listes d’élèves, la cantine, le plan de l’école, sont dans le 3 ème tiroir du bas. Si on me donne un bureau « virtuel », je veux y voir ce qu’il y a sur mon bureau en bois, c’est à dire un cahier journal, des fiches de préparation, des livrets d’évaluation, des documents d’étude, des fiches d’exercice, des activités de remédiation, etc

    Tout cela existe déjà sur internet, mais il faut le chercher et le trouver… Ce « bureau » dont je rêve doit non seulement ranger ce que je produis. Il doit aussi me proposer ce dont j’ai besoin comme ressources au moment même où je suis en train de préparer une séance de géographie pour mes CE2. S’il me propose, en plus de la bonne carte au bon moment, les ressources d’autres collègues sur la même séance, alors je vais peut être commencer à me dire que le temps que je « perds » sur internet est contrebalancé par le temps que je gagne dans la préparation de mon travail.

    Travailler avec des ordinateurs en classe implique une pédagogie de projet (tant qu’il n’y aura pas 1 ordinateur par élève ?). J’ai pratiqué cette pédagogie plusieurs années, Les avantages sont nombreux mais on oublie les inconvénients. Notre mission principale est de faire acquérir des compétences à nos élèves. La pédagogie en séances disciplinaires dispense les compétences (et les évaluations) à tous les élèves au même moment. La pédagogie de projet est infiniment plus difficile à mettre en place d’un point de vue de la gestion du travail et de son évaluation pour chaque élève. Certains enseignants y arrivent très bien mais pas tous, et en tous cas pas sans passer du temps à faire des grilles et mettre en place un certain nombre d’outils.

    Cette gestion des compétences et de leur évaluation pour chaque élève doit faire partie de mon « bureau »

    Dernier point concernant le « cahier de textes » vu dans les ENT. Dans ma classe, je ne donne pas le même travail à tous en fonction de leur réussite ou de leurs difficultés. Sur mon bureau de bois, j’ai plusieurs tas de fiches et de consignes que je distribue à la fin de la journée. Certains élèves vont consolider leurs acquis, d’autres vont reprendre le travail d’une autre façon. Ici aussi ce « bureau virtuel » doit ressembler à mon bureau de bois.

    Les TICE au quotidien

    Qui des enseignants que vous connaissez ont été consultés sur ce dont ils ont réellement besoin dans leur quotidien pédagogique ? Toutes les questions n’ont peut être pas été posées au vu de ce que l’on nous propose comme fonctionnalités dans les ENT.

    1- les TICE en classe sont-elles compatibles avec…l’enseignement disciplinaire ?

    2- La gestion de projets pédagogiques transdisciplinaires est-elle aidée par un logiciel de votre connaissance ?

    3- Notre travail d’enseignant est de faire acquérir les compétences Socle aux élèves, si je mène une pédagogie différenciée, est-ce facile de savoir où j’en suis à chaque instant pour les acquisitions de chaque élève ?

    4- Les TICE ne sont-elles utilisables que pour des opérations ponctuelles en classe ?

    5- La recherche de ressources sur internet est elle mon activité principale dans la préparation de mon travail ?

    6- quelles sont les activités de préparation pédagogiques qui me prennent le plus de temps ?

    7- Y a t-il autre chose que « vôrd » pour préparer mes séances en classe ?

    8- L’évaluation en classe prend de plus en plus de temps, quels sont les outils qui pourraient m’aider si, de plus, je fais un enseignement individualisé ?

    9- Comment puis-je aider les parents le soir à la maison ?

    10- quelles sont les limites de ce que je peux donner ou montrer aux parents ?

    Les freins à la généralisation
    Le matériel ou le logiciel ?

    Il y a 5 ans, on ne parlait que de tuyaux, de débits et de matériel, depuis on ne parle que de ressources pour enseigner... et enfin je commence à entendre que le fond du débat ce sont les outils pour travailler (avec les ressources bien sûr...)
    « Tout a été créé local, rien n’a été pensé global »
    Il existe une multitude d’outils plus ou moins performants ou utiles pour aider les enseignants dans leur quotidien. Le problème c’est qu’ils n’ont aucune interopérabilité entre eux (par exemple l’enseignant doit saisir la liste de ses élèves sur l’outil de direction, puis sur l’outil d’évaluation, puis dur l’outil de création de documents en ligne etc…)
    Un gag en cours : l’outil de gestion du B2i (brevet informatique et internet). La bonne nouvelle c’est que l’on se dirige vers un outil unique pour toute la France. La mauvaise c’est que le B2i n’est pas une discipline, les compétences que l’élève doit acquérir sont transversales et les enseignants peuvent les valider à n’importe quel moment dans n’importe quelle activité. Et les autres compétences de cycle ? pourquoi ce traitement particulier ? Il faut un outil pour gérer l’acquisition de toutes les compétences de cycle et si l’on veut extraire un diplôme de B2i, il suffira d’en extraire les compétences associées.

    Les freins idéologiques
    Certains pensent que les enseignants ne veulent pas ou ne voudront pas s’impliquer dans une pédagogie tenant compte des TICE. C’est oublier la quantité de sollicitation dont ils ont fait l’objet sur leurs pratiques. Il n’est pas de semaine sans qu’un texte ou une circulaire ne demande telle ou telle modification, telle évaluation, tel rapport…
    Jamais on ne voit proposer aux enseignants des outils du quotidien qui feraient « EFFECTIVEMENT » gagner du temps sur les pratiques quotidiennes. Comme jamais on ne leur en a proposé, comment peut-on savoir s’ils vont les accepter ?

    Décideurs ou acteurs ?
    En 1998, j’ai présenté à la Direction de la Technologie du ministère de l’Education nationale, un outil qui permettait aux enseignants de préparer leur travail, d’évaluer les élèves sur les compétences traitées, et de leur proposer ainsi qu’à leur famille des outils et ressources en fonction de leurs réussites ou de leurs difficultés au jour le jour… 10 ans…
    Qui, mieux que l’enseignant peut proposer un soutien efficace et individuel à ses élèves ?

    Qui décide ?
    C’est bien la question qui pose problème. Les TICE sont au carrefour de leur avenir. Jusqu’ici les initiatives étaient le fait de « précurseurs » ou de « financeurs » qui permettaient à des projets de voir le jour çà et là sans véritable cohérence ni communication.

    qui demande ?
    Les enseignants demandent depuis peu, l’Institution demande parfois, ce qui est étonnant, c’est le fait que les mairies demandent aussi… mais y a t-il eu concertation ? j’en doute.
    Le démarchage d’une collectivité territoriale pour un outil de type ENT se fait auprès de la collectivité avec des arguments qui vont concerner cette collectivité. Ce qui paraît important à un maire n’est pas forcément utile à un enseignant dans l’exercice de sa pédagogie. Vendre un produit à quelqu’un au profit de quelqu’un d’autre amène souvent des incompréhensions et des erreurs d’appréciation.

    Qui paye ?
    Ce devrait être les communes mais peut on imaginer qu’elles sont toutes sur le même pied d’égalité sur le domaine de l’enseignement ? peut on imaginer que l’avenir des outils de nos enfants puisse être soumis aux décisions diverses de 36000 maires ?
    L’avenir des tice à l’école est trop important pour le disperser et leur mise en place doit se faire depuis le ministère. Depuis 4 ou 5 ans on voit en effet les collectivités impliquées dépenser l’argent des contribuables à recréer quasiment dans chaque région les mêmes outils payés à des sociétés ou organismes différents.
    Cette débauche d’énergie et d’argent doit servir à la synthèse de tous ces essais pour donner un outil unique, fiable et qui permet une réelle prise en main des tice par les enseignants, les élèves et leur famille.
    La Caisse des Dépôts n’est elle pas la mieux placée pour gérer cette situation ?

    Qui forme ?
    C’est une grande question et la formation est l’affaire de tous. On a tendance à se décharger du problème sur les MATICE (animateurs informatiques) alors que les tice à l’école est le problème de tous. Un IEN (Inspecteur de l’Education nationale) doit inciter, aider et aussi utiliser les tice au même titre que les enseignants et au profit des enseignants. Les conseillers pédagogiques doivent traiter du volet TICE dans toutes leurs interventions quand c’est pertinent. Les CRDP doivent proposer des ateliers pratiques pour conforter la formation initiale des IUFM. 
    L’intégration des tice dans les pratiques doit se faire au quotidien et non pas seulement dans les discours.

    Les outils nécessaires
    la pédagogie comme socle :

    Il serait plus qu’utile que la Degesco, qui décide des programmes de l’enseignement, nous propose les « instructions officielles » sous forme d’une base de donnée qu’elle pourrait mettre à jour si nécessaire et ou les ENT pourraient puiser les champs d’indexation ou les données nécessaires à la gestion future de millions de documents pédagogiques.

    les briques « métier »

    C’est des usages réels (non par des opérations de poudre aux yeux ou des préconisations descendantes) que viendra la généralisation des ENT. Cette généralisation ne se fera que si les enseignants s’approprient les outils. Or les ENT sans briques « métier » qui aident au travail pédagogique quotidien ne laisseront la place qu’à des utilisations « administratives » ou ponctuelles qui resteront loin d’une véritable intégration tice dans le quotidien.

    les « fournisseurs » de contenu

    Les fournisseurs de contenus qu’ils soient institutionnels ou privés doivent s’adapter aux bouleversements des tice. Ils sont prudents et on peut comprendre leur frilosité à investir sur les règles mouvantes qui dictent l’avenier des tice à l’école. Cependant n’importe quel éditeur donnera de son temps, voire de ses ressources s’il sait qu’il peut proposer au enseignants et aux familles des produits ciblés de façon très précise au fur et à mesure des apprentissages des enfants. C’est vers cette option que doivent tendre les outils qui proposent des ressources.
    Cela implique une indexation rigoureuse qui tienne compte des compétences et des objectifs liés à chaque apprentissage.

    la liaison école/maison

    J’ai trois enfant et je demande à :
    connaître ce qu’a fait mon enfant aujourd’hui
    savoir si cela s’est bien passé
    savoir ce que je peux faire si il n’a pas réussi une de ses activités de la journée
    Le reste n’est que ponctuel même si cela peut être utile
    Les ressources pédagogiques comme complément aux outils de gestion pédagogique

    Qu’est-ce qu’une ressource pédagogique ?

    Une ressource n’est pédagogique que par l’utilisation qui en est faite. Cela veut-il dire qu’une photo, par exemple, ne peut être dite ressource que si elle est accompagnée d’un commentaire (une indexation) sur ce pour quoi elle a été utilisée.

    Qui rend une ressource « pédagogique » ?

    Je pense, mais je peux me tromper, que l’élaboration de ressources pédagogiques ne peut se faire qu’en y associant l’objectif pédagogique ou la compétence qu’elle permet de traiter en classe. Un jeu de clefs à pipe est une magnifique ressource pédagogique si on l’associe à l’objectif de classer du plus petit au plus grand. pourtant j’ai trouvé cette image sur le site d’un outilleur Auvergnat qui n’a rien de pédagogique.

    Comment indexer ce qui est sur le web ?

    En donnant aux producteurs de ressources pédagogiques que sont les enseignants, les éditeurs ou autres des outils qui leur permettent de lier ces ressources diverses (créées ou présentes sur le web) à des intentions pédagogiques.

    Comment indexer ce que l’on va déposer sur le web ?

    En clair, si je traite de la préhistoire et des tumulus, je construis une séquence avec des compétences et des objectifs, j’insère des documents que j’ai créé ainsi que des liens vers le site de Stonehedge.
    Ce site, déjà présent sur la toile, devient indexé pour le cycle 3, la préhistoire, et telle ou telle compétence ou objectif. Cette indexation dans un espace mutualisé permet aux autres enseignants qui traitent du même sujet à ce niveau d’enseignement, d’obtenir la proposition de ce site dans la construction de leur propre séance.

    Il est vrai que les compétences et les objectifs paraissent représenter un gros travail d’intégration, mais peut on faire autrement ? peut être oui aujourd’hui, mais dans 5 ou 10 ans, quid de ces recherches par mot clef sur des milliards de ressources ?
    Une fois de plus, il me faut insister sur la nécessité de doter les enseignants d’outils de travail qui leur permettent de gagner du temps au quotidien mais aussi de profiter du travail de collecte quotidien pour indexer à leur place mais sous leur contrôle.

    quel contrôle ?
    deux questions que l’on pose (et que l’on élude souvent) :
    - Les enseignants ne vont-ils pas produire des ressources pédagogiques qui vont échapper au contrôle de l’institution ?
    Oui mais n’est-ce pas déjà le cas ? d’autre part, si les outils sont dotés d’espaces de commentaires sur les ressources proposées voire même de proposition de « suppression » de la part des autorités compétentes (le tout dans l’anonymat du créateur s’il le désire), alors ces ressources seront plus pertinentes par leur disponibilité que celles actuellement disséminées sur la toile.

    - Les enseignants ne vont plus rien faire puisque tout leur sera proposé ?
    Que font certains enseignants aujourd’hui ?, ils prennent le livre du maître et le suivent plus ou moins. L’intérêt de ce genre d’outil c’est qu’ils auront la possibilité de modifier ce qui ne l’était pas sur le livre, ils auront aussi la possibilité d’évaluer en fonction des objectifs et compétences choisis. Peu à peu ils investiront la démarche et s’approprieront les concepts pédagogiques…
    Pour les autres enseignants, la construction d’une séance pédagogique ne peut être que facilitée par le fait d’avoir des éléments déjà définis dans la mesure ou l’acte pédagogique est élaboré avec cohérence.

    la formation, l’information

    Pourquoi ne pas utiliser ces outils de construction pédagogique dans le cadre de la formation professionnelle des enseignants ? Si cette démarche d’acquisition de compétence leur permet de se situer dans leur propre formation, ils n’auront que plus de facilité à la mettre en œuvre dans leur future classe.
    L’information doit faire partie intégrante de ces nouveaux outils, l’enseignant doit avoir sur son bureau « virtuel » toutes les informations de son corps de métier depuis ses collègues en passant par son inspecteur jusqu’au ministre. Il doit aussi avoir une information ciblée sur ce que propose l’institution en général dans le cadre de son travail.

    Pierre

  • Suffit-il d’équiper les classes d’ordinateurs, d’ENT, de classes mobiles pour changer la pédagogie ?
    Car enfin, n’est-ce pas un énorme paradoxe de vouloir bouleverser l’enseignement en introduisant les ENT et tous les outils cités ci-dessus en même temps que l’on décide de supprimer la formation des enseignants ?
    Oui, je sais... Ce sont les universités qui s’en chargeront... Combien d’heures ? Au regard de la complexité du métier d’enseignant peut-on appeler « formation » les quelques modules dont les futurs professeurs bénéficieront ? Un enseignant devrait être un « ingénieur » de l’apprentissage. Il devrait maîtriser son sujet, avoir de solides notions de pédagogie, pouvoir argumenter sur chaque activité qu’il propose à ses élèves, mettre les outils au service de son savoir pour optimiser les apprentissages. On ne forme pas un ingénieur en quelques semaines de stage... On ne forme pas un enseignant en lui demandant de maîtriser parfaitement la matière qu’il enseigne et en partant du principe que cette maîtrise sufifra à faire de lui, un « transmetteur » de savoir, un animateur pédagogique, un « portier » qui guidera ses élèves et leur donnera l’envie d’apprendre. Tout commence par la formation. L’outil informatique n’est qu’un outil et comme tout outil complexe, il demande à être maîtrisé. Non pas maîtrisé comme objet technique mais dans sa dimension « cognitive »... Pourquoi vais-je ici choisir de créer un lie sur mo TNI ? Pourquoi faut-il conserver cette annotation et y faire appel au prochain cours ? A quel moment faut-il recentrer l’attention des élèves et verrouiller leurs portables ? Comment faire en sorte que ce nouveau concept s’imprègne dans la mémoire des jeunes ? Doivent-ils manipuler ? Noter ? Ecouter ? La liste est sans fin... Nos élèves pourront être équipés de baladeurs, de portables, de TBI, de toute les dernières technologies,... si l’enseignant n’a pas été formé, et je donne ici au terme « formation » toute sa grandeur, sa complexité, sa richesse, l’outil informatique sera sous-utilisé et ne présentera que l’intérêt d’être plus ludique que le bon vieux tableau Véléda...
    Alors, si nous voulons changer la pédagogie, donnons aux enseignants le temps et les moyens de se former, de réfléchir, d’expérimenter, de travailler ensemble pour devenir de véritables professionnels de l’apprentissage... Des ingénieurs de l’enseignement, formés comme des ingénieurs, payés comme des ingénieurs...
    Cessons de croire ou de faire croire qu’il suffit de dominer une matière pour pouvoir l’enseigner...
    L’outil n’a jamais fait l’ouvrier... Cela s’applique également à l’outil informatique...
    Sans véritable formation initiale et continue, l’enseignant continuera à tâtonner, à culpabiliser d’autant plus que l’institution aura mis à sa disposition des outils nouveaux, sensés changer les pratiques ...

  • Thème 3 : Les acteurs de la réussite scolaire 27 septembre 2009 12:25, par francony

    Concepteur de l’ENT de mon collège, j’en ai écrit tous les scripts. Il est totalement dédié au fonctionnement du collège, il pourrait parfaitement être utilisé par une autre structure associative, sportive, personnelle ...

    La progression :

    2008-2009/ 5 enseignants rédacteurs autonomes, plusieurs articles m’arrivent de la part d’autres collègues pour que je les publie. 50 visites par jour en moyenne dont 10 pour une page catalogue de ressources Sciences-Physiques.
    Les assistantes du secrétariat publient le « calendrier-semainier », double saisie puisqu’il y a une édition papier qui est réalisée en parallèle pour affichage et plis postaux.
    19 enseignants inscrits reçoivent par email ce calendrier.
    Le cahier de texte en ligne est une page html saisie en ligne par chaque enseignant. Elle est juste pré-formatée. Elle s’enregistre directement sur le site sans téléchargement.

    2009-2010/ 19 enseignants utilisent le nouveau cahier de texte en ligne basé cette fois sur une base de donnée. Saisie extrêmement rapide et simplifiée puisque chaque enseignant n’a, une fois la barrière du login passée, plus que 2 clics à faire pour remplir son cahier de texte, ... et ce sur toute l’étendue de l’année scolaire. L’insertion de doc de toutes sortes est possible, liens, vidéos, ... Pour faciliter la lecture des élèves, un code de couleur a simplement été choisi : noir : leçon//bleu:travail à faire//vert : info diverses//rouge:contrôle. Les enseignants se plient sans difficulté à cette contrainte.
    Les élèves ont donc, sans nécessité de se loger, le travail à faire sur l’étendue de l’année en un minimum de clics (date, classe, groupe).
    Les assistantes du secrétariat n’ont plus de double saisie à faire du calendrier suite à la mise au point d’une présentation dont l’impression directe est satisfaisante. 29 enseignants sont inscrits pour recevoir le calendrier par email.
    Résultat : la fréquentation du site à quasiment doublé, 1800 consultations du cahier de texte en ligne en 3 semaines.

    Option principale lors de mise en place du site :
    1-CREATIVITE

    Les éditeurs en ligne permettent à chaque utilisateur de créer ses pages et de les publier « in situ ». Quelques difficultés subsistent avec les utilisateurs de MSIE et Mozilla. Les explorateurs ont des particularités qui rendent certains usages peu commodes. Comme pour l’agenda, l’insertion d’images, textes, docs, vidéos, sons, est possible par simple téléchargement ou lien.

    2- 100% de contenu

    Dans la majorité des sites, 80% de la page qui s’offre au lecteur sont constitués de textes inutiles ou morts qui encombrent le champ de vision, préparent le surfeur à ingurgiter des pavés de pub non souhaités. Le résumé de l’article que l’enseignant timide publie est minuscule, coincé entre toutes ces annonces qui clignotent. Ce résumé est introduit par le mot « nouvelle » dans laquelle chacun ne se reconnait pas forcément. Pour publier quelque chose que tu crées tu dois être FORMATE !!! et accepter que ta création qui t’a pris du temps, dans lequel tu t’es engagé soit raccourcie, encadrée, mise en page au milieu d’un champ d’informations qui ne te concernent pas du tout.

    Nous ne devons pas former des élèves formatés pour qu’ils soient bien dans le système qu’on leur impose. Mais des élèves créatifs capables d’inventer une société qui aura besoin de toute cette créativité pour se sortir des défis de ce 21ème siècle. Entre l’ENT et l’élève, il y a l’enseignant. L’enseignant doit pouvoir s’exprimer. Le web est un immense espace de liberté, être libre c’est être suffisamment instruit pour pouvoir arbitrer de chaque chose par la réflexion, en disposant toujours de plusieurs choix.
    En parcourant certains documents préformatés mis en ligne, j’ai le sentiment que ce n’est plus la valeur scientifique de l’élève qui est testée sur certains exercices mais son aptitude à se mouler dans un système de pensée et de comportement.

    Je n’ai pas de solution immédiatement disponible. Mon éditeur en ligne est doté du matériel pour réaliser des qcm. 10 enseignants doivent pouvoir proposer 10 systèmes virtuels à travers lesquels les élèves exerceront ou vérifieront leur savoir. Ce qui est important c’est que les élèves accèdent à ces 10 systèmes... et que chaque système occupe 100% de l’écran (j’ai des élèves qui ont quelques difficultés à lire sur le écran)... et soit accessible en 3 clics grand maximum.

  • Les Tice, une évolution nécessaire et une révolution à faire. 30 septembre 2009 14:35, par Jacques MUNIGA

    Il y a plus de vingt ans, est l’ordinateur dit familial. J’avais alors, après des économies substantielles, pu acquérir mon premier ordinateur pour me lancer dans mes premières programmations informatiques. C’était à l’époque où le président de la République avait nommé chargé de mission ce jeune homme de 14 ans à peine, c’était à l’époque où Michel Platini avait signé une marque d’ordinateurs les « MO5 ».

    Depuis, internet est entré dans les foyers et dans les établissements scolaires, et les ordinateurs sont devenus de plus en plus puissants.

    L’évolution technologique a eu lieu, mais la révolution reste à faire…

    En effet, avec mon premier programme de cartographie informatique lancé sur les MO5 de l’établissement les élèves étaient étonnés, voire pour certains émerveillés. Et les collègues, la direction regardaient tout cela avec un œil amusé.

    Aujourd’hui, la donne est différente.

    L’informatique nous entoure, elle fait parti de notre quotidien.
    Aujourd’hui, les élèves ne sont ni étonnés ni émerveillés, c’est leur outil, celui de leur génération.

    Et pourtant, l’école est restée en marge de cette évolution.

    Pourquoi ?

    Faute d’acteurs justement, et des acteurs à tous les niveaux.

    Au niveau de l’encadrement tout d’abord. Il faut bien accepter que pour impulser cette nouvelle technologie dans le cadre préétabli qu’est l’enseignement, il faudrait que le personnel d’encadrement soit à même de maîtriser l’outil ce qui loin d’être le cas.

    Au niveau de la formation et de l’accompagnement ensuite. Pour former et accompagner, il faut non seulement maîtriser l’outil mais il faut aussi faire valider la pertinence pédagogique. Or, ceux qui ont en charge la validation pédagogique ne maîtrisent pas l’outil et ceux qui maîtrisent l’outil n’ont pas la possibilité d’offrir une validation pédagogique. On en reste donc à de vague stage au cours desquels on apprend tout juste à appuyer sur quelques boutons et au cours duquel le tuteur vous demande un travail seul ou en équipe et jamais validé. Il n’y a donc ni formation, ni accompagnement.

    Au niveau des enseignants enfin. Ni l’état, ni l’encadrement ne produisent des séquences Tice pour l’heure. Il revient donc à l’enseignant, comme ses propres cours, de les « monter ». Mais l’Etat ou l’encadrement ont-ils un jour évalué le prix à payer ? L’ordinateur, les logiciels, les livres de formations, et surtout les heures passées… Combien d’enseignants, avec le salaire que nous leur connaissons, vont effectuer investir dans cette aventure ?

    Toutes ces raisons font qu’aujourd’hui la révolution reste à faire. Mais avant de tirer à boulets rouges sur les enseignants il faudrait se tourner vers la hiérarchie. Rien n’est mis en place pour favoriser l’émergence. Trop souvent les précurseurs sont considérés comme des professeurs « Nimbus ». En histoire géographie au moins, ma discipline, les jalons des Tice ne sont pas placés par l’inspection ce qui met les enseignants hors la loi.

    Et ceux qui ont osé comme moi avec ce site :
    http://www.geographie-muniga.fr/
    sont trop souvent l’homme à « abattre » car il dérange avec des nouveautés que les élèves maîtrisent fort bien mais que les collègues refusent de peur de devoir s’investir plus sans compensation aucune. Il est tellement plus simple d’organiser une voyage, une sortie bien vue par la hiérarchie ! Mais préparer une sortie, un voyage ou même les prolonger à l’aide des Tice serait la véritable révolution…

  • ENT : La formation des enseignants d’accord mais la motivation à communiquer d’abord...

    Parents d’élèves d’un paisible collège des Yvelines, nous avons découvert en 2008/2009 l’ENT : échanges d’informations générales,liste du matériel scolaire emploi du temps , notes de notre enfant , ( quelquefois même avant qu’il ne les connaisse lui même),bulletin trimestriel, petit forum...la liste n’est pas exhaustive mais l’ENT répondait (presque) parfaitement à nos attentes, les enseignants n’ayant pas « le temps » d’utliser le cahier de texte... . 2009/2010 : Changement de direction, l’ENT ne fonctionnera que si la direction a « le temps » , la formation, et épurera les contenus , trop d’informations étant considérés comme « inutiles ». C’est pourquoi, il se pose la fondamentale question préalable à l’usage de l’ENT : Les enseignants ont ils :

    1) une vraie motivation à communiquer avec les parents d’élèves,
    2) Le temps nécéssaire

    Il conviendrait dans votre démarche d’entendre les principaux concernés pour connaitre leur avis sur cette question, sur les risques encourus de donner de l’information et quelle information ? Les parents que nous sommes considèrent que connaitre le menu, les résultats, les devoirs , les grands projets de l’établissement, les dates clés, c’est essayer d’accompagner nos enfants de s’impliquer dans leur réussite, et de soutenir le corps enseignant dans ses démarches .

    Il est probable, que ceux qui en auront la motivation, trouveront toujours le temps de le faire et cela répondra à la seconde question. Pour les autres, cachés derrière le petit doigt du « manque de moyens », manque de crédits horaires, conflit culturel avec leur institution, difficultés du métier, élèves en trop grande difficulté... l’ENT sera un gadget inutile .
    Nous pensons d’ailleurs que la reconnaisance du métier d’enseignant et de ses difficultés peut passer par cet outil formidable qu’ils ont à leur service , qui ouvre l’établissement vers l’extérieur et met en valeur toutes ces actions anonymement cachés derrière les portes du collège...
    l’ENT peut être aussi l’outil du « Bien faire et le faire savoir »...

  • Thème 3 : Les acteurs de la réussite scolaire 7 octobre 2009 19:07, par Jean-Sébastien

    * Comment favoriser l’usage des TICE par les enseignants ?

    Le changement des pratiques est lent, le meilleur moyen de favoriser les nouveaux usages c’est d’abord d’en faire la promotion : mettre en images. C’est un peu le travail entrepris par les agences des usages. Ce travail est relativement difficile à faire, car tous les enseignants n’ont pas la culture du partage, ni la connaissance des réseaux. La peur de la critique est aussi souvent un frein aux échanges.

    * Quel est le rôle des personnels d’encadrement ?

    Encourager les initiatives et ne pas rechigner à proposer des aménagements d’emploi du temps quand cela est nécessaire et surtout au début.

    * Comment former et accompagner les enseignants afin de favoriser les usages ?

    La formation n’est pas obligatoire, au mieux on passe par un public désigné qui doit propager la bonne parole sur le terrain. Je connais quelques collègues qui n’ont pas suivi de formation depuis quelques années. La formation se fait sur le temps de travail comme dans les autres corps de métiers, sauf que les établissements ont des obligations de continuité d’enseignement. Cette situation n’incite pas les chefs d’établissement à engager les enseignants dans des processus de renouvellement de leurs pratiques.

    * Quel type de ressources ? ...

    Parlons papier : le manuel est en pleine mutation n’est plus qu’un mélange de ressources pris ça et là dans plusieurs manuels. Il est surtout un point de repère bien plus facile à lire et à décrypter que le document d’accompagnement produit par le ministère.
    Dans certains enseignements, c’est plutôt le cahier d’activités qui est devenu le principal outil du professeur.

    Du côté numérique : beaucoup d’initiatives ( sesamath, etc.) mais pas réellement de repères sur la pertinence des ressources. Peut être que les corps d’inspection pourraient se pencher sur le sujet. Des initiatives d’indexation existent : Murène. Mais elles mériteraient de profiter de plus interactivités : possibilité de donner son avis sur la ressource ...

  • Thème 3 : Les acteurs de la réussite scolaire 10 octobre 2009 14:52, par christian_m

    En premier lieu, il n’est peut-être pas inutile de rappeler que les temps de l’éducation n’ont rien à voir avec les temps de l’évolution technologique et que la simple mise à disposition de technologies ne suffit pas à en assurer l’usage, d’où l’importance des services d’accompagnement et d’assistance indispensables à tout déploiement des TIC à l’Ecole.
    Il ne faut pas oublier non plus que les enseignants reproduisent bien souvent au quotidien des pratiques déjà vues en classe ou partagées par des collègues.

    En s’appropriant et en adoptant un nouvel outil, les enseignants doivent dans certains cas adapter, voire remettre en cause leur méthode de travail, d’où une double innovation pas toujours aisée à mettre en œuvre dans le contexte de la classe.
    Sans tomber dans une approche de productivité éducationnelle, il s’agit alors de les renseigner sur les processus induits par la mise en œuvre de telle ou telle technologie, de pouvoir montrer aux enseignants en quoi l’intégration de celle-ci leur offre des perspectives concrètes d’amélioration et d’enrichissement de leur action (nouvelles possibilités offertes, temps gagné, plaisir apporté…) et plus généralement d’être en capacité de pouvoir pointer les plus-values/moins-values pédagogiques résultant du recours à un outil TICE dans une situation donnée.

    Dans le contexte éducatif actuel, l’enseignant qui décide d’intégrer les technologies dans sa pratique doit pouvoir être accompagné dans ces innovations et évolutions et se voir proposer des services d’ingénierie éducative.

    Le recours à des collègues enseignants et utilisateurs au quotidien des TICE ainsi que la délivrance de formations centrées sur les aspects pédagogiques et qui prennent en compte la spécificité des technologies semblent être des leviers intéressants pour promouvoir les usages prescrits. Concernant l’intégration des technologies, il s’agira de ne pas créer de fausses attentes chez les enseignants et de les tenir informés des changements intervenus dans les paradigmes éducatifs.

  • Thème 3 : Le rôle de l’enseignant 12 octobre 2009 12:41, par Jean-Paul Louis

    Les jeunes ont de leur côté largement intégré les TIC dans leur vie quotidienne. Ils utilisent quotidiennement l’ordinateur et les technologies nomades pour jouer, communiquer, surfer sur Internet…
    Les chiffres montrent que 96 % des adolescents naviguent sur Internet et passent plus d’heures devant un écran (télé, ordinateur, téléphone,…) qu’à l’école…
    Des collégiens ont reçu depuis quelques années, ou reçoivent des ordinateurs portables fournis par des collectivités locales volontaristes (Bouches du Rhône, Ille-et-Vilaine, Landes, Corrèze, …)

    Alors dans ce contexte, quel doit être le rôle de l’école ?

    - Répondre à la question de la « fracture numérique »

    Tout d’abord, l’école de la République a pour mission de donner une chance égale à tous ses enfants. Elle se doit donc en priorité d’offrir à chacun des conditions égales d’accès aux nouvelles technologies, que ce soit au niveau du matériel, des ressources ou des usages.

    - Éduquer à un usage raisonné et responsable des TICE

    Naturellement l’enseignant est là pour apporter à l’usage des nouvelles technologies la dimension pédagogique et éducative. Intégrer les TICE dans sa pratique pédagogique, c’est aussi pour lui aider ses élèves à les intégrer dans leur processus d’apprentissage, les sensibiliser aux dangers d’Internet, aux questions juridiques (droits d’auteurs, propriété intellectuelle…), leur apprendre à en faire un usage raisonné, citoyen, intelligent…
    Les items des domaines 2 et 4 (en partie) précisent les compétences ou attitudes que les élèves doivent acquérir dans ce domaine.
    (http://www.b2i.education.fr/ECL_2.php?niv=ecole)

    - Mettre les TICE au service des apprentissages

    On le sait bien, l’élève apprend mieux quand il est actif. Un cours collectif, plus ou moins magistral, même s’il est agrémenté d’une présentation multimédia et d’un peu d’interactivité à l’aide d’un vidéoprojecteur, d’un visualiseur ou d’un tableau numérique laissera toujours de côté l’élève « décrocheur », moins attentif, moins motivé ou plus lent.
    Un des principaux intérêts des TICE est de permettre un travail en autonomie au cours duquel chaque enfant peut travailler à son rythme. A l’enseignant de proposer des activités, avec des outils bien choisis, permettant de gérer l’hétérogénéité de sa classe, d’aller vers une pédagogie différenciée, de favoriser le travail de groupe ou d’individualiser le travail.
    L’écriture collaborative à l’aide d’un simple traitement de texte ou d’un blog, les échanges avec des correspondants étrangers en utilisant des moyens de communication synchrones ou asynchrones, la création collaborative de portails de ressources à l’aide d’outils du Web 2.0
    (http://www.agence-usages-tice.education.fr/template.asp?idtem=1147&page=2), la découverte de propriétés géométriques grâce aux logiciels de géométrie dynamique, la résolution de problèmes à l’aide d’exerciseurs bien conçus ou de didacticiels « intelligents », sont des exemples parmi tant d’autres d’activités mettant les élèves en situation d’apprentissage actif à l’aide des TIC.
    Ces situations sont autant d’occasions de valider les compétences déclinées dans les 3 niveaux (école, collège, lycée) du B2i (www.b2i.education.fr/doc).

    Quant à l’enseignant, s’il s’agit pour lui d’intégrer les TICE dans sa pratique pédagogique certes, il doit aussi et surtout préparer ses élèves à entrer dans la société de l’information, les accompagner, les conseiller, guider leurs usages pour les amener à tirer tous les bénéfices des nouvelles technologies dans le cadre de leurs apprentissages.

  • Il n’y aura pas « un » mais « des » ENT 12 octobre 2009 22:42, par PMathieu

    L’ENT 2.0 sera un intégrateur et non un outil intégré

    Pourquoi réinventer un outil pourgérer les vidéos alors qu’un youtube privé ferait mieux le travail ?
    Pourquoi réinventer un outil d’échanges alors qu’un facebook privé ferait l’affaire ?
    Pourquoi créer un outil de gestion de notes alors que certains gratuits ou payant font très bien l’affaire dans les établissements ?

    L’ENT de demain intègrera des briques existantes choisies par les utilisateurs. Il intègrera aussi des briques pour les collectivités qui demandent légitimement des outils de liaison avec les familles (transports, cantines, centres de loisirs...) ou l’établissement dans sa gestion.

    Il intègrera enfin de vraies briques pédagogiques
    - pour gagner du temps dans la préparation du travail au quotidien ;
    - pour donner de la rigueur et de la cohérence au suivi de à l’acquisition des compétences 
    - pour mettre en regard des ressources avec les compétences qu’un enseignant veut faire acquérir.
    Il permettra à chaque instant :
    - de connaitre et d’évaluer l’état des acquisitions de l’élève.
    - de créer ou d’utiliser des programmations en fonction des objectifs que l’enseignant se fixe.
    - de proposer aux élèves des évaluations, des activités de consolidation ou de remédiation personnalisées et directement liées au travail quotidien. Travail que les élèves peuvent consulter chaque soir si l’enseignant le désire.
    L’enseignant ne mutualisera une préparation, un document ou une programmation que s’il en a fait le choix. Cet outil permettra de construire des progressions, et des séquences disciplinaires. Il sera aussi conçu pour une pédagogie par objectifs et par projets.
    Il permettra en outre une mutualisation du travail entre enseignants. Il permettra enfin un lien avec les familles sur les acquisitions ou les difficultés rencontrées par leurs enfants en liant les activités quotidiennes des élèves avec une aide aux devoirs ciblée.

    L’ENT 2.0 permettra l’intégration de toutes ces briques en fonction des besoins des usagers. Ces briques seront proposées par qui le désire, certaines provenant du monde du libre (qui sera aidé par l’état...) Tous ces outils seront interopérables et mis à jour en fonction des besoins des enseignants et non en fonction de contingences commerciales.

  • •Comment favoriser l’usage des TICE par les enseignants ?
    •Quel est le rôle des personnels d’encadrement ?
    •Comment former et accompagner les enseignants afin de favoriser les usages ?
    •Quel type de ressources ? ...

  • Thème 3 : Les acteurs de la réussite scolaire 24 octobre 2009 18:53, par Michel09

    A la question

    Comment favoriser l’usage des TICE par les enseignants ?

    un paramètre préalable et incontournable ici :

    http://www.missionfourgous-tice.fr/...

  • Thème 3 : Les acteurs de la réussite scolaire 25 octobre 2009 23:00, par Lorenzo

    Les acteurs de la réussite ce sont les élèves eux-mêmes ! En matière d’usage des TIC ils sont souvent beaucoup plus doués que leurs profs. Si on leur donnait l’occasion de mettre à profit cette compétence instinctive dans le cadre d’un enseignement spécifique (genre ITIC, STN ou analogue) ces élèves seraient en situation de réussite, y compris certains réputés réfractaires au système scolaire.

  • Les Technologies de l’Information et de la Communication interviennent à différents niveaux qu’il s’agisse de la préparation des cours, de la délivrance des enseignements ou bien encore des activités à faire réaliser par les élèves.

    En termes de formation des enseignants, on peut notamment distinguer des compétences qui relèvent directement de la gestion des apprentissages dans lesquels une instrumentation de type TICE intervient. La question du contrôle sur les activités des élèves se pose bien évidemment d’où une certaine résistance à la mise en place de nouveaux usages…
    L’intégration d’instruments cognitifs dans les pratiques gagnerait à tout le moins d’être accompagnée d’une bonne connaissance des différents savoirs et savoir-faire requis chez l’apprenant utilisateur ainsi que des savoirs et savoir-faire qu’il peut acquérir dans le cadre de telle ou telle activité.

    Pour ce qui est de la culture professionnelle des enseignants, l’émergence des TICE appelle une nouvelle dimension coopérative qui devra être nécessairement prise en compte lors de leur formation.

  • Thème 3 : Les acteurs de la réussite scolaire 18 novembre 2009 21:51, par Charles Fréou

    Bonsoir,

    Apprendre à utiliser un ordinateur de façon « raisonnée » ne s’improvise pas. Une expérience de formateur d’adulte en bureautique puis d’enseignant en collège m’a montré la difficulté inhérente à cet apprentissage.

    Or, beaucoup d’adultes, aujourd’hui en âge d’être décisionnaires, ont appris « sur le tas », au prix d’un investissement personnel important, et sous-estiment de ce fait la nécessité d’un apprentissage structuré.

    La « structure d’apprentissage » a pourtant existé, dans tous les collèges de France, durant une petite dizaine d’année, jusqu’en 2005. Des professeurs formés et certifiés par l’Education Nationale, avaient dans leurs programmes de 6°, à titre d’exemple, les compétences attendues suivantes pour le « traitement de l’information textuelle » : • mettre en route le micro-ordinateur, lire le menu, lancer le logiciel, choisir les commandes, quitter le logiciel ; • adopter la posture pertinente devant le poste informatique ; • imprimer un texte ; • sauvegarder, stocker un texte en mémoire ; • mettre en forme un texte en recourant au gras, à l’italique, aux majuscules, en utilisant l’alignement, le retrait de paragraphe, le centrage ; • modifier un texte en supprimant, en insérant, en substituant des caractères, des mots, des phrases ; • créer un fichier.

    L’apprentissage continuait en 5°, 4° et 3°, par l’étude successive, puis l’utilisation, du tableur, logiciel de PAO, de PréAO, ...

    Un volume horaire relatif important était à l’époque réservé à cet apprentissage, des dotations horaires permettaient un véritable travail pédagogique en effectif réduit, centré sur l’utilisation raisonnée de l’outil. Les notions délicates de fichiers, de dossiers, d’arborescence, de volume d’information (et leurs ordres de grandeur), étaient étudiées et précisément évaluées.

    Le programme de cette discipline de collège a été complètement modifié, à partir de 2005, faisant disparaître d’un trait de plume, le temps alloué à toutes ces connaissances et compétences « instrumentales » informatiques. Les élèves sont aujourd’hui censés utiliser l’outil sans avoir pris le temps d’apprendre à l’utiliser.

    L’avènement (médiatique) et l’échec (relatif ?) du B2I est symptomatique : tous les enseignants peuvent valider des compétences mais aucun d’entre eux n’a plus le temps prévu (ni quelquefois les compétences) pour distiller cet enseignement, pourtant indispensable à une communication efficace.

    La discipline en question est la technologie. De nombreux professeurs de technologie de collège regrettent la disparition de cet apprentissage structuré de leur programme, apprentissage qu’ils ont exercé dans l’ensemble je crois avec beaucoup de sérieux et de motivation, au prix pour certains d’un effort personnel considérable.

    Comment peut-on (et pourquoi ?) casser quelque chose qui marche ?

    Cordialement

  • Thème 3 : Les acteurs de la réussite scolaire 25 novembre 2009 22:55, par Rémi Boulle, animateur du groupe de travail Éducation de l’April

    Aussi enthousiasmants que puissent être les matériels et les logiciels,
    il n’en reste pas moins vrai que toutes ces technologies n’ont de sens
    que mises au service de l’acte pédagogique, et non l’inverse. Le rapport
    publié en décembre 2006 par la SDTICE
    (http://www.educnet.education.fr/chr...) ainsi
    que les commentaires laissés sur le site de la mission montrent bien
    aussi que ce recours aux nouvelles technologies ne saurait être placé
    /en tant que tel/ au centre de la préparation des séquences pédagogiques _ : c’est que ce travail est un travail de conception dont les /traces
    formalisées/ sont souvent ténues et ne révèlent ni ne reflètent ni le
    cheminement intellectuel qui a commandé leur production ni l’usage qui
    en sera fait en classe. En revanche, nourrit par cette démarche
    réflexive et la nourrissant à son tour dans un cycle éminement vertueux,
    le potentiel collaboratif du réseau Internet a déjà fait naître de
    nouvelles pratiques de partage de ce travail pédagogique. Un nombre sans
    cesse croissant d’enseignants utilisent et enrichissent quotidiennement
    le corpus de ressources pédagogiques disponibles. La conséquence
    immédiate et observable de ceci est que chaque enseignant n’est plus
    tenu de réinventer puis de peaufiner la « roue pédagogique » mais est au
    contraire incité à améliorer et adapter, en un mot à faire fructifier ce
    que l’on peut considérer dorénavant comme un savoir collectif aux
    appropriations multiples. Le projet Sésamath (http://www.sesamath.net/),
    qui a obtenu le 3ème prix Hamad Bin Isa Al-Khalifa pour l’utilisation
    des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans
    l’éducation de l’UNESCO, est tout particulièrement significatif de la
    puissance de ce principe. Écrits, testés et discutés par de nombreux
    professeurs de mathématique en activité, Sésamath propose des cahiers
    d’exercices de mathématiques de vacances et des manuels scolaires sous
    licence libre qui ont d’emblée conquis 15 à 20% des ventes.

    Nous souhaitons donc attirer l’attention sur les blocages
    institutionnels et/ou juridiques qui se posent autour de ces pratiques
    et notamment sur le problème des régimes de diffusion de ces ressources
    pédagogiques créées par des enseignants. Si les réécritures récentes du
    code de la propriété intellectuelle ont levé tout doute possible quant à
    la reconnaissance du droit d’auteur des agents de l’État, la rédaction
    de certains articles laisse planer un doute sur la capacité de ces
    agents à publier sous une licence de libre diffusion le fruit de leur
    travaux (particulièrement pour les enseignants du primaire et du
    secondaire). Ces imprécisions et le manque d’informations juridiques
    dont disposent les acteurs /en bout de chaine/ vont jusqu’à provoquer
    l’apposition, sur certains sites institutionnels, de mentions juridiques
    contraires aux dispositions législatives en cours.

    Nous proposons donc que, tout comme les chercheurs des organismes de
    recherche sont très fortement encouragés par leurs tutelles à diffuser
    le plus grand nombre possible de leurs publications sur des serveurs en
    accès ouvert (/open archive/, voir l’exemple du serveur HAL du CNRS qui
    est devenu si important qu’il sert maintenant de support à l’évaluation
    bibliométrique des chercheurs - http://hal.archives-ouvertes.fr/), les
    enseignants soient largement incités à partager leurs travaux en
    protégeant ceux-ci par l’emploi de licences de libre-diffusion du type
    Creative Commons-By-SA ou GFDL (par exemple), licences qui devraient
    aussi devenir la norme sur les sites académiques. Il nous semble que les
    natures très semblables des publications produites par ces deux
    catégories d’agents (chercheurs et enseignants) appellent à une
    homogénéisation des régimes juridiques mis en oeuvre et considérons que
    la généralisation actuelle au sein des organismes de recherche des
    publications sur archives ouvertes, plusieurs années après les premiers
    balbutiements (voir l’historique sur
    http://edutice.archives-ouvertes.fr/), sont un gage suffisant de la
    pertinence de ce modèle de diffusion.

    Enfin, nous ne saurions rester sans évoquer la situation complètement
    chaotique engendrée par la loi DADVSI sur la question de l’exception
    pédagogique. En dépit des interventions et des pétitions lancées par
    d’innombrables associations d’enseignants d’archivistes, de
    bibliothécaires, de directeurs de bibliothèque, ..., cette loi dont
    l’objectif premier était la lutte contre le téléchargement illégal de
    documents numériques sur Internet a occasionné des dommages collatéraux
    immenses en ce sens que les textes réglementaires et les accords signés
    par le Ministère de l’Éducation Nationale avec les représentants des
    ayant-droit posent des restrictions si draconiennes et si complexes
    (voir le protocole d’accord transitoire sur l’utilisation des livres, de
    la musique imprimée, des publications périodiques et des œuvres des arts
    visuels à des fins d’illustration des activités d’enseignement et de
    recherche du 15 juin 2009 sur
    http://www.education.gouv.fr/cid488...) à
    l’exploitation en cours des documents imprimés qu’il ne saurait en être
    fait un usage pédagogique réel ni valable sans enfreindre la loi. Les
    accords concernant l’utilisation des œuvres cinématographiques et
    audiovisuelles et sur l’utilisation des oeuvres musicales étant en cours
    de reconduction, il nous semblerait opportun que soient pris en
    considération non seulement l’intérêt des ayant-droit mais aussi les
    nécessités de l’enseignement, ce dernier n’ayant aucune raison de
    s’effacer devant le premier. L’équilibre des droits reconnus d’une part
    aux ayant-droit, d’autre part aux utilisateurs, doit être retrouvé, à
    tout le moins dans le processus central et fondateur de toute société
    que constitue son système éducatif.

    Rémi Boulle

    Pour le groupe de travail Éducation de l’April

    http://www.april.org

  • Thème 3 : Les acteurs de la réussite scolaire 9 décembre 2009 23:56, par anna

    Les professeurs de technologie ont un rôle important à jouer dans ce domaine. Je suis moi même professeur de technologie et responsable TICE dans un collège depuis une dizaine d’années. Très motivée (ne comptant pas mes heures), j’ai toujours assuré le bon fonctionnement du réseau de mon établissement avec l’aide du Catice de l’académie qui est absolument indispensable.
    L’équipe pédagogique apprécie de pouvoir utiliser un matériel fiable. Sur place je peux aider ceux qui n’ont reçu aucune formation en informatique. J’ai un rôle de conseil auprès de l’administration pour développer le pôle informatique, le choix du matériel. J’ai organisé des stages et des animations pour les élèves, les professeurs et les parents.
    B2i me semble une bonne démarche motivante pour les élèves et les enseignants. Mais le rendre obligatoire pour le brevet n’a pas de sens... Pourquoi ne pas donner un brevet avec B2i ou sans ?
    Il manque une vraie formation rigoureuse pour les élèves. Actuellement les élèves bricolent et leur seule formation se fait à la maison ou par les copains. C’est désolant !
    Les professeurs de technologie me semblaient bien placés. Pendant de nombreuses années ceux qui avaient le matériel nécessaire ont réalisé un travail remarquable en informatique, mais cet enseignement a été retiré de nos programmes. Quel gâchis de ne pas utiliser les compétences où elles existent ! Je pense arrêter l’an prochain ma responsabilité en ce qui concerne les TICE pour me consacrer strictement au programme de technologie, personne n’est volontaire pour la succession !

  • L’enseignant est le principal acteur de la réussite scolaire des élèves.

    Mais l’enseignant n’est pas unique... L’élève n’est pas un. La réussite scolaire n’est pas une fin en soi mais un moyen favorable à la réussite sociale. La réussite professionnelle est-elle d’ailleurs toujours le gage d’un épanouissement personnel ?

    Lorsque le système éducatif se borne à remplir les programmes de notions de plus en plus nombreuses, les écoles d’outils de plus en plus complexes, l’enseignant pourrait alors se sentir utilisé comme un déverseur de savoirs qui rempliraient des têtes comme les vases d’eau sans qu’il se soucie des fuites ou des débordements.

    Doit-il être pour autant hermétique aux avancées technologiques, aux outils modernes d’enseignement que sont les TNE, TNI, TUIC, TICE, TIC ?

    Non celui-ci l’a bien compris : les enjeux de société sont nombreux, la fracture numérique ne saurait s’amplifier. Cette communication qui nous leurre trop souvent, l’enseignant se doit d’en transmettre les nuisances comme les atouts. Notre responsabilité d’enseignant-citoyen nous conduit à mesurer, à expérimenter avant de généraliser des pratiques qui, non maîtrisées, pourraient nuire à l’évolution favorable des consciences, des comportements ou de l’autonomie.

    La formation des enseignants aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC -que je préfère aux TNE) est par conséquent incontournable et doit conduire ceux-ci à une réelle maîtrise et non une simple approche ou prise en main. L’enjeu est là. Veut-on vraiment donner les moyens à la réussite de tous ? Le taux d’équipement des foyers d’enseignant avoisine les 100%. Ne pourrait-on pas proposer des formations en ligne ?

    L’outil informatique est essentiel dans la rénovation de la transmission des savoirs et savoir-faire. Internet en a seulement favorisé le déploiement et l’interconnexion. Encore faut-il se l’approprier, se former à son usage, à ses limites, pour mieux transmettre et mieux communiquer.

    Les contenus de formation seront alors construits pour les élèves car par les enseignants à partir de ressources partagées par tous...

    Tous les moyens sont-ils bons ?

    Les moyens seront-ils là ?

    S’il ne s’agit pas d’une opération de communication, j’approuve et applaudis. Je me devais donc d’apporter ma pierre au moulin.

 
Assemblée nationale   MEN