Mission Fourgous pour les Tice

Les ressources numériques et multimédia : vous avez besoin de... ?

dimanche 4 octobre 2009

Les ressources numériques et multimédia : vous avez besoin de…

Une ressource en ligne validées par l’institution ?

Educasource : Base de ressources numériques en ligne en adéquation avec les programmes scolaires sélectionnées et décrites par le réseau SCÉRÉN. Elle comprend :
- les ressources proposées sur les sites académiques ;
- les ressources proposées sur les sites institutionnels français et étrangers ;
- les ressources proposées par des sites d’associations ayant reçu un agrément ministériel ou étant reconnues d’intérêt public. La « cyberlibrairie » du réseau Scérén (Services culture éditions ressources pour l’Éducation nationale) propose, à elle-seule, près de 700 références !

Les EDU’bases disciplinaires Mise à la disposition de tous, de documents, contributions d’enseignants, séquences pédagogiques... Il s’agit d’une banque de pratiques pédagogiques présentes dans 11 disciplines.

Des ressources audiovisuelles ? Educnet !

Une lettre pour vous tenir informé ? Ca existe !

La lettre TIC’Edu donne des exemples d’usages des TICE ainsi que des ressources. Elle propose des liens vers des scénarios pédagogiques et des informations sur les ressources numériques

Des exemples d’usages ?

- projet PrimTICE. Plus de 70O exemples d’usages en classe, sous forme de scénarios pédagogiques, sont proposés par les enseignants et validés par les inspecteurs de l’Éducation nationale en charge des TICE.
- EDU’bases dans le second degré
- Projetice multiplie les actions de terrain en vue d’intégrer les outils numérique dans l’enseignement : animations et formations à la demande des chefs d’établissements ou des équipes pédagogiques, rencontres nationales, accompagnement de projets…
- L’Agence des usages des TICE s’emploie à promouvoir l’intégration des TIC dans la pratique pédagogique.

-Envie d’une classe virtuelle européenne ?

Etwinning

Mise en place de travaux de réflexion ?

Toujours afin de stimuler le développement et la généralisation des usages Tice, la SD-TICE propose, depuis 2008, aux académies, plusieurs thèmes de travail communs (ressources numériques, scénarios d’usages de progiciels de gestion intégrés, accompagnement du travail des élèves en liaison avec la classe via les ENT, expérimentation de services en ligne innovants pour les élèves et les enseignants) : les TRAAM (Travaux d’action Académiques Mutualisés). Ces thèmes de réflexions doivent aboutir à l’émergence de « pôle de compétence » ainsi qu’à la production de scénarios pédagogiques intégrant les TICE.

Les ressources des éditeurs ?

2 catalogues regroupant environ 45 éditeurs publics et privés ou encore l’INA (Institut national de l’audiovisuel), sont accessibles après abonnement : le CNS le KNE La plupart des ressources peuvent être aussi consultées dans les CDDP.

- Certains éditeurs proposent des abonnements : Jeriko, l’Encyclopédie Universalis ….

- PressEdu : service de presse en ligne spécifiquement conçu pour les établissements scolaires.

Une instance pour mieux prendre en compte les demandes des enseignants ? Ca existe aussi !

Le Schene (Schéma de l’édition numérique pour l’enseignement) a pour but de mieux prendre en compte les demandes exprimées par les enseignants et à assurer une meilleure visibilité du marché aux éditeurs. Il s’appuie sur le travail du personnel encadrant de l’Éducation nationale, conseiller TICE des recteurs, de formateurs IUFM et d’enseignants.

Une marque pour s’y retrouver ? Ca existe et… depuis 1998 !

La marque RIP (reconnu d’intérêt pédagogique) permet de « guider les enseignants dans le monde du multimédia pédagogique ».

Une commission pour gérer l’attribution de la marque RIP ? Ca existe !

La commission multimédia constitue l’instance nationale de réflexion sur l’ensemble des sujets liés à la politique en matière de ressources numériques éducatives. Elle donne notamment son avis sur l’attribution de la marque RIP et sur le soutien au développement des ressources.

Des ressources enseignant ?

Si la mutualisation correspond à la mise en commun et à l’échange de documents personnels, dans le travail coopératif chaque participant assume une tâche propre au sein d’un projet donné et dans le travail collaboratif, chaque tâche est assumée collectivement.

- clionautes
- educmath
- les manuels Sésamaths
- Mathenpoche
- Openenglishweb
- weblettres ...

Et les manuels numériques ? Ils arrivent !

En cette rentrée 2009, le Ministère a lancé une expérimentation « manuels numériques et ENT » dans les collèges d’une vingtaine de départements équipés d’un ENT : Par ses capacités de stockage, de personnalisation des services et la technique sécurisée qu’il offre, l’ENT se révèle être un support idéal. Les manuels « numériques » arrivant en cette rentrée 2009 incluent le plus souvent des outils permettant d’écrire, d’effacer, d’enregistrer, d’inclure des liens vers le web… La dématérialisation se met en place progressivement. Les manuels sont donc encore assez « statiques » et incluent peu d’interactivité mais ils évoluent rapidement…

Envie d’un serious game ? Ils deviennent incontournables ! Quelques exemples au hasard…

« Le jeu sérieux, c’est l’utilisation de plaisir comme moyen au lieu d’une fin » (Idriss Aberkane, Master ENS, jeune chercheur associé à Stanford University.)

- Global Conflicts : Latin America permet d’incarner un journaliste chargé d’enquêter sur diverses missions : la pollution causée par les grandes usines à la frontière mexicaine (les maquiladoras), l’esclavage moderne en Bolivie ou encore la corruption politique au Guatemala. Le jeu peut être utilisé en Histoire géographie, en cinquième avec l’étude du continent américain, en seconde avec l’étude des grands problèmes géographiques ou encore en Terminale avec l’étude historique des pays en voie de développement...
- Planète précieuse, où un enfant doit faire attention à ses geste quotidiens pour préserver la planète,
- Ecoville simule l’élaboration d’une « ville durable »
- Clim City vise à sensibiliser sur le réchauffement climatique et le développement durable. ... La liste est, vous le pensez bien, très loin d’être exhaustive !

Mais bientôt, lancé à Élancourt : un serious game sur l’ensemble du programme d’Histoire de troisième ! A utiliser sans modération !

Et si nous disions ce dont nous avons réellement besoin ?


11 contributions

  • Oui mais il manque une information essentielle est ce que ces ressources sont réutilisables en enseignement en classe ?

    Il semblerait normal voire évident que les ressources publiées par l’éducation nationale le soit.
    Mais c’est loin d’être le cas !

    Par exemple un professeur ne peut pas réutiliser en classe un contenu des cours d’été « gratuits » sans faire une demande expresse !

    « Toute copie partielle ou intégrale sur support papier ou sous forme électronique de pages du site www.education.gouv.fr doit faire l’objet d’une déclaration auprès de la cellule web. »

    N’est ce pas du temps perdu qui va en rébuter plus d’un !

    Autre exemple (j’ai juste regardé la première ressource) celle du Sceren ou pour l’expédition Thalassa 2009-2010 il est seulement autorisé de faire une copie papier aux élèves.

    "Le CNDP autorise l’ensemble de la communauté éducative ... à utiliser le site « http://expedition-thalassa.cndp.fr » et les oeuvres écrites, photographiques, audiovisuelles qui y sont contenues en vue d’effectuer en classe des reproductions papier en vue d’une diffusion collective en classe dans le cadre d’activités pédagogiques.

    le paragraphe précédent indiquant même que la copie peut-être « réalisée à titre personnel et non à usage collectif. » donc pas en classe ?

    Aurait-on oublié le développement durable ?

    Je pense qu’il faut indiquer clairement les droits d’usage des contenus.
    Il est à mon avis de la responsabilité de l’état de privilégier les contenus qui sont réutilisables en indiquant au moins ceux que les professeurs peuvent utiliser en groupe classe.

    Et à l’époque d’une société de l’information il est urgent d’avancer vers des contenus que les professeurs peuvent s’approprier et enrichir.

    C’est le sens de belles initiatives tel Sesamath qui regroupe aujourd’hui plus de 3 000 professeurs.

    Il est paradoxal qu’en France pays du sevice public de l’éducation il n’y ait qu’une seule université inscrite à l’Open Cours ware qui met en communs les cours de centaines d’universités de par le monde.

    Très modestement j’essaie de référencer ici les contenus pédagogiques réutilisables (en creative commons)
    C’est bien maigre ! mais vous pouvez compléter c’est un wiki !

    Et professionnellement nous avançons depuis un mois en proposant aux enseignants de Telecom Bretagne de mettre leurs contenus de l’intranet sur le web, contribution aux Savoirs partagés de l’institut Télécom.

    Dans un projet au pays de Brest le médiablog coopératif la très grande majorité des enseignants partenaires des blogs vidéo et audio mettent leur contenu en Creative commons.

    C’est un long chemin qui se fait par l’adhésion progressive des enseignants.
    Létat doit donner le sens d’une mutualisation encouragée en finançant en premier les contenus réutilisables !

    Aujourd’hui à Brest faute de pouvoir utiliser les données de l’IGN on s’organise pour collecter les données géographiques dans openstreetmap. Persuadés que les biens communs numériques sont un atout essentiel d’une société de l’information ouverte à tous nous organisons (au titre d’élu local) une semaine sur cete question essentielle et trop mal connue des biens numériques mis en commun

  • De quoi a-t-on besoin ?
    Mais de TEMPS ! : pensez-vous sérieusement que j’ai le temps d’aller voir ces différentes banques de ressources et de logiciels, de les regarder, de les sélectionner et de me les approprier ? Vous rêvez !
    J’ai juste le temps d’aller sur la toile et de faire une recherche rapide pour trouver les documents dont j’ai besoin !
    De quoi ai-je besoin ?
    Qu’on me donne le droit de le faire !
    Tous les documents devraient pouvoir être utilisés en cours. Le droit d’auteur ne devrait pas exister tant qu’il s’agit d’utiliser la ressource pendant un cours !

  • L’exploitation des contenus numériques est soumise au cadre légal et aux règles civiles en vigueur.

    Quelle est la part des enseignants qui connaissent réellement les règles relatives à la propriété intellectuelle ?

    Il y aurait à tout le moins besoin de former et d’informer davantage sur ces différents points.

    Les dispositions juridiques auxquelles ces derniers doivent s’astreindre sont-elles toujours bien adaptées au contexte actuel d’usage ?

    Pour ce qui concerne le numérique et sans tomber dans le mythe de la culture gratuite, n’y aurait-il pas la place, en France dans certains cas, pour une véritable exception pédagogique réservée aux fins d’enseignement, de formation des enseignants et de recherche ?

    Va-t-on continuer à exiger des autorisations expresses et originales pour des liens hypertextes profonds établis vers des pages web à des fins telles que celles citées précédemment ?

  • Les ressources numériques et multimédia : vous avez besoin de... ? 13 octobre 2009 09:58, par Fabienne Lancella

    Et si nous disions ce dont nous avions besoin .....
    Mais où sont les utilisateurs

    A travers les réactions on constate que les utilisateurs sont démunis devant ces outils mais le choix des ressources numériques est dépendante de choix et ou de procédures où les utilisateurs sont peu présent voire absents.

    Tout développement d’environnement accessibles aux utlisateurs s’appuie sur la mise en place d’une technologie : choix qui doit normalement s’opérer à travers un cahier des charges. Mais opérer un choix technologique : choisir un environnement technique demande un investissement humain conséquent : les choix des environnements ne sont opérés que par quelques opérateurs /spécialistes en environnement informatiques qui souvent n’ont qu’une vision partielle de 2 ou trois technologies et/ou environnements. A leur décharge ces technologies sont très complexes : comment peut-on comparer objectivement ces environnements dans des temps très courts en regard du nombre des fonctionnalités. Un critère souvent retenu est la notoriété. Cette difficulté autour du choix est un écueil important : cela demanderait aussi un travail surtout à ne pas négliger entre la partie développement informatique et les utilisateurs potentiels très tôt dans le processus.

    Mais prolongeons sur les utilisateurs de ces environnements et de leurs contenus : Il serait peut être nécessaire d’intégrer cette dimension dans le processus de développement en choisissant des technologies qui évoluent d’une part ce qui permettrait de les enrichir par des développements spécifiques de fonctions ou d’organisation à condition de s’associer des compétences pour le réaliser.
    Ces développements ne peuvent être que le résultat d’un travail fin avec les utilisateurs. C’est toute une démarche ergonomique qui devrait être mise en place. Cette démarche est souvent maltraitée ou ce qui est le plus difficile à gérer on constate que les développeurs de ces environnements pensent l’avoir déjà intégrée lors de la conception. Cette démarche ergonomique s’appuie sur un travail à réaliser avec des utilisateurs que l’on met en situation ; un nombre limité d’utilisateurs suffit souvent. Souvent ceux qui œuvrent dans ces environnements estiment qu’ils adoptent des choix ergonomiques alors qu’une activité avec des utilisateurs « vrais » pourront aider le développement efficace de ces environnements et s’inscrire dans un réel usage de ces environnements et aussi de leur contenu : ressources numériques et multimédia.

  • Bonjour,
    pourquoi avoir supprimé dans le passage : « Et les manuels numériques ? Ils arrivent ! », l’exemple du site http://www.monanneeaucollege.com
    merci,
    F Crégut

  • Quelles que soient les ressources, de qualité ou stupides, on va se « cogner » inlassablement sur des problèmes d’équipement. Si on veut que les élèves soient actifs, manipulent, cherchent, créent, il faut bien qu’ils aient des postes (machines) ; ou alors ils regardent ébahis le prof qui fait le malin avec son tableau blanc et ses grandioses ressources, mais ça reste fondamentalement passif.
    Et pour que les élèves puissent manipuler, il y a deux conditions incontournables :

    - des salles
    - des effectifs limités.

    Pas de chance : l’un et l’autre coûtent cher. Ce qui coûte cher avec les salles, ce ne sont plus les ordinateurs (prix en chute, performances en hausse) ni les logiciels (parmi les logiciels de SIALLE il y a largement de quoi s’occuper) : ce sont les murs (et le câblage) !
    Ce qui coûte cher avec les effectifs limités, ce sont les heures sup.
    Si on ne veut pas dépenser (très « tendance ») alors oublions les TICE ça vaudra mieux.

    Une petite « pique » pour finir : dans pas mal de lycées il y a des salles équipées ... mais réservées à une discipline technologique et une seule (éco-gestion souvent). Bonjour la productivité ! Moi qui croyais que l’ordinateur est l’outil le plus polyvalent qui soit !!!

  • Bonjour,

    Voici un billet de blog rédigé pour mes élèves designers

    "Lors du cours de mardi 10 / 11 : 2009 en DSAAT 1 nous avons évoqué le lien entre le projet technique de création d’un bureau de design et le choix du statut juridique. Quel est l’impact du chiffrage du projet (montant des investissements initiaux) sur le statut ? Nous avons évoqué le choix des logiciels (indispensables) pour un designer free lance (je me suis appuyé sur la fiche APCE intitulée créer une activité de styliste).

    L’enjeu est de taille parce qu’il engage la réflexion sur le volume des investissements, la nature juridique des logiciels et les choix d’apprentissage.

    * Le volume des investissements - dans une société numérique, dans un secteur fortement numérisé le recours aux artefacts de la CAO / DAO sont incontournables. Il faut investir dans le logiciel. Le terme investissement est lourd de sens parce qu’acheter les logiciels c’est s’inscrire dans une démarche légale qui respecte les droits de propriété industrielle. L’investissement est pécuniairement conséquent. L’analyse a contrario de mon argumentation est qu’il ne faut pas pirater les logiciels pour exercer son activité professionnelle.

    * Le statut juridique des logiciels – Ne pas pirater, l’affirmation condamne t-elle le designer à vivre sans système numérique ou à jouer les éternels « outlaw » ? La réponse est non puisqu’il existe une autre possibilité, celle du logiciel libre. Sur le web sont développés un nombre important de solutions libres. Elles sont légales et permettent de réaliser les travaux demandés, aux formats numériques requis (y compris sous les formats propriétaires dominants).

    * Les choix d’apprentissage. A l’affirmation précédente me sont souvent opposés les arguments suivants : « c’est moins bien, c’est moins performant, il y a moins de fonctionnalités etc.. » En réponse je pose la question, les avez vous déjà pratiqués, avez vous eu une formation ad hoc ? la réponse est toujours « non on ne l’a jamais pratiqué« . Il semble donc que la réelle question est une question d’apprentissage. Dans les écoles les enseignants ont été formés sur des logiciels propriétaires (qu’ils maîtrisent bien), les étudiants apprennent sur des logiciels propriétaires, un savoir est transmis mais c’est souvent un savoir propriétaire. En conséquence un jeune créateur qui s’installe doit se poser la question suivante quel est le temps d’adaptation nécessaire pour passer d’une maîtrise d’un logiciel à un autre ? L’économie résultant du passage du propriétaire au libre vaut-elle un temps consacré à un apprentissage (qui engendrera un ralentissement temporaire de la productivité ?). En affirmant cela, j’explique à mes étudiants qu’en sortant de la formation, il faudra très vite retourner en formation (autoformation :-( )

    La question est loin d’être anecdotique. Reste à trancher le débat technique, le libre est-il moins performant que le propriétaire ? En tant que non spécialiste du design je ne me prononce pas, mais je veux bien écouter des propositions argumentées sur la base d’une expérience."


    - En conclusion de quoi avons nous besoins en matière de numérique ? Nous avons besoin de plus de temps pour enseigner aux élèves une logique, un raisonnement (plus que les simples compétences de manipulation des logiciels). Nous devons enseigner « un savoir être numérique ». Jean - François Cerisier de l’Université de Poitiers parle de compétences basses, médianes et hautes, maîtriser ces compétences hautes (maîtrise conceptuelle) prend du temps.

    Jean - Paul Moiraud

  • Des designers professionnels ont répondu à la question lien apprentissage sur logiciels propriétaires et / ou libre http://dsaa.apinc.org/2009/11/11/lo...

  • Il faudrait commencer à s’occuper vraiment des ressources numériques : on marche la tête en bas !

    Un exemple : le plan actuel « Ecoles Numériques Rurales » est le plus gros effort pour les écoles primaires depuis plus de 20 ans (le Primaire a toujours été « oublié » par tous les gouvernements). Mais 90% du budget est consacré aux matériels et 10 % seulement aux ressources. Si on le ramène cela à la population de notre pays, cela fait moins de 10 centimes par Français pour les logiciels et applications diverses.

    C’est très bien d’équiper les classes en PC et TBI, encore que tout ce matériel vient de l’étranger (sans être chauvin, je croyais qu’il s’agissait quand même de relancer l’économie française...). Mais n’oublions pas qu’il faut mettre quelque chose dans les tuyaux.

    Osons une métaphore : on construit des autoroutes (les « tuyaux »), on livre de belles voitures (les ordinateurs) pour rouler dessus mais on a oublié le carburant (les ressources) pour les voitures. Ou alors on suppose que les enseignants vont fabriquer leur carburant tout seuls !

    Il existe des éditeurs et des enseignants (associatifs ou autres...) français qui réalisent des logiciels et des applications de qualité. Messieurs les politiques, pensez-y : cela ne vous fera peut-être pas passer au JT de 20 H, mais ils ont un rôle à jouer si vous désirez sincèrement que votre pays ne soit pas parmi les derniers du monde en terme d’éducation numérique.

  • TICE et Langues Vivantes : un bilan décevant 26 novembre 2009 10:34, par Philippe VIGNY

    Des premiers programmes sur disquettes 3’’1/2 à l’avènement d’internet puis du web 2.0, 25 ans se sont écoulés, et le moins que l’on puisse dire est que l’impact des TICE sur l’approche pédagogique reste mineur, quand dans le même temps les investissements publics en matériel et réseaux ont pourtant explosé.

    La faute en premier aux programmes officiels, qui ont longtemps continuer à privilégier l’écrit, la grammaire, les listes de vocabulaires à apprendre par cœur, et des épreuves d’examens (brevet ou baccalauréat) testant les connaissances à l’écrit.

    La faute aussi à une approche budgétaire schizophrène, prenant en charge des millions d’euros à coup d’appels d’offre vertigineux pour les infrastructures (laboratoires multimédia des années 90, ENT des années 2000...) et laissant quelques miettes pour les contenus pédagogiques.

    La faute aussi à l’absence de projet ambitieux pour la formation des enseignants, que l’on a laissé seuls face à des équipements plus ou moins complexes, comptant sur leurs motivations propres et temps personnel, aboutissant à l’émergence de groupes d’enseignants militants de l’informatique bricolant tout eux-mêmes d’un côté, et d’un autre, des enseignants réticents et peu enclins à s’y mettre.

    La faute enfin aux acteurs du secteur de l’édition scolaire, dont la grande partie a laissé les « nouvelles technologies » à des sociétés expertes en informatique mais pas en pédagogie.

    Si bien qu’en 2009, il n’est pas rare d’entendre un enseignant déclarer : « On n’apprend pas une langue avec un cédérom », ce qui, bien sûr, énoncé aussi brutalement, est vrai, mais prouve que 25 ans de marketing d’éditeurs peu scrupuleux et de dépenses publiques déraisonnables en machines ont largement nui à l’évolution des pratiques pédagogiques, la progression du niveau des élèves en langues vivantes restant, semble-t-il, le dernier critère dans le choix des investissements.

    C’est pourtant le nerf de la guerre, et ce qui devrait piloter toute action. Il faut inverser tout le processus de réflexion :
    1 .qu’est-ce qu’apprendre une langue ?
    2. qu’apportent et que n’apportent pas les TICE dans cet apprentissage
    3. analyser les contenus pédagogiques disponibles sur le marché à partir des réponses à ces questions
    4. définir les moyens matériel et humain pour exploiter au mieux les qualités des contenus pédagogiques retenus
    4. pouvoir mesurer les progrès en langue des élèves et la validité de l’investissement

    Or, pour nombre de collectivités territoriales, la révolution numérique dans l’Education passe par le déploiement d’ENT dont la caractéristique première est de proposer un cahier de texte et un cahier de correspondance en ligne avec des espaces sécurisés pour les enseignants, parents, élèves, CPE... tellement sécurisés que les enseignants ne peuvent plus accéder à leurs messageries personnelles, et que les contenus pédagogiques ne peuvent pas fonctionner, à cause d’une batterie de firewall et de protocoles sécurisés impressionnants dignes d’établissements bancaires, confiés à des SSII multinationales.

    Car il est clairement précisé que, grâce à l’ENT, l’enseignant « organise ses ressources numériques à vocation pédagogique, les partage avec les groupes d’élèves qu’il détermine, et avec ses pairs, utilise des outils qui lui facilitent le suivi, la gestion et l’évaluation de l’activité et des apprentissages des élèves, construit ses cours de façon plus simple en juxtaposant des ressources de divers types, et peut les utiliser avec une grande facilité, gère les cahiers de textes de ses classes, accède à des ressources documentaires de références, numérisées... ». (1)

    Pour ce qui nous concerne, à savoir l’enseignement des langues, et plus particulièrement de l’anglais, sans sous-estimer les capacités informatiques des enseignants, comment va-t-il s’y prendre pour écrire des séquences pédagogiques interactives facilitant l’écoute et la répétition, tester le niveau d’entrée de chaque élève pour le mettre face à des contenus adaptés à chaque individu, mesurer le temps de travail, le temps de parole, les exercices évités, la progression tout au long de l’année etc, et ce d’autant que le B.O. de mai 2009 précise à nouveau que « ...à l’heure de l’ouverture européenne et internationale, la maîtrise des langues vivantes, et en particulier la maîtrise de leur pratique orale, fait désormais partie des compétences indispensables, en référence au cadre européen commun de référence pour les langues » ? (2)

    Pour l’Ile de France par exemple, Philippe Fallachon, chargé des lycées au Conseil Régional, déclare : « Après des années de mise en place de matériel, de réseaux dans les lycées, il nous a semblé que les ENT seraient le ciment de tout cela. C’est ce qui permettra aux enseignants de mutualiser les innombrables ressources qu’ils produisent déjà ». Dans le même entretien au Café Pédagogique (2), il ajoute : « Les professeurs associent graduellement au cahier de textes des documents personnels, puis, très vite, les outils collaboratifs de l’ENT, par exemple un forum lié à une question de cours. Les enseignants pourront aussi éditer des cours, recevoir et corriger des devoirs. »

    Au lycée Jean Monnet de Juvisy, Christian Molas, son proviseur déclare à propos de l’ENT : « L’implantation de l’ENT, dans le cadre du projet régional ENCORE, ne nous a pas apporté de solutions, plutôt des questions (...) Au-delà des apports maintenant familiers comme la possibilité de consulter le bulletin de notes avant le conseil de classe, quel type d’usages faut-il développer pour motiver les enseignants ? L’étape à venir est celle de la formation des enseignants et le transfert de la compétence « maintenance » à la région. » (2)

    Autre exemple caractérisant l’inversion dans la réflexion sur l’apport des TICE dans l’enseignement, la distribution de clés USB (En Ile de France, 2,6 millions d’euros pour équiper tous les élèves de seconde et les apprentis entrant en première année d’apprentissage d’une clé USB d’1 Giga), qui faisait dire à Alain Burleraux, proviseur du lycée Delacroix à Maisons-Alfort, « toute la question est de savoir ce que les élèves, et les enseignants, vont en faire. Les informations nous sont arrivées du conseil régional pendant l’été et il va falloir maintenant mettre en place un projet d’utilisation d’équipements qu’on ne nous a pas présentés et qu’on n’a pas demandé ».

    De nouveau la réflexion sur l’impact pédagogique et la formation des enseignants vient en dernier, les enseignants étant censés produire des ressources et les mettre en place.

    Est-il déraisonnable de se demander pourquoi, à aucun moment, les budgets consacrés aux TICE dans l’Education n’accordent-t-ils aucun poste aux ressources pédagogiques éditées par des sociétés dont c’est la raison d’être ? Pourquoi, par un glissement progressif étonnant, l’enseignant qui choisissait auparavant un manuel papier conforme aux programmes officiels est-il supposé aujourd’hui écrire, développer et mettre à disposition numériquement ses propres ressources pédagogiques ?

    Serait-ce parce que depuis 2006, et la mise en place de la LOLF (Loi Organique relative aux Lois de Finances), les crédits pédagogiques des collèges (par exemple) ne sont plus spécifiques aux manuels mais regroupent
    - les carnets de correspondance,
    - les frais de stage,
    - les droits de photocopie des œuvres protégées,
    - l’achat et la maintenance des matériels informatiques et techniques,
    - l’achat de logiciels pédagogiques,
    - les ateliers artistiques et les actions d’animation, et enfin… les manuels !
    (soit 25,50 € par collégien en 2008, le prix d’1 seul livre)

    Quand, dans le même temps, j’apprends que les départements, la région et l’Académie de mon lieu de résidence vont dépenser plus de 10 millions d’euros pour le déploiement d’ENT en collège et lycées, affirmant qu’avec ce projet « ...ils avancent résolument vers l’Ecole du XXIème siècle, une école fortement irriguée par les technologies de l’information et de la communication misses au service de la réussite de chacun... »..... sans livres, sans logiciels pédagogiques, est-on sûr que c’est bien de XXIème siècle qu’il s’agit ? A qui s’adresse-t-on ? A des « utilisateurs » ou à des « apprenants » ?

    Nous rappellerons pour finir ce qu’Alain Chaptal, qui dressait en 2007 un bilan des opérations « un élève, un portable » à travers le monde, concluait alors : « ...doter tous les élèves d’ordinateurs portables apparaît comme une idée généreuse mais coûteuse et, au mieux, prématurée tant qu’elle ne s’articule pas étroitement avec un dispositif d’accompagnement du changement de la méthode pédagogique qui la justifierait. Or, pareil changement d’envergure ne saurait tirer sa justification du seul choix préalable d’une technologie mais, bien au contraire, d’une nouvelle orientation éducative choisie, concertée et assumée, fût-ce dans un objectif limité d’expérimentation. Au-delà de ce qui relève de la liberté du choix personnel de l’enseignant à l’égard des méthodes qu’il utilise, une telle décision relèverait en France de la volonté d’ouvrir en débat ces questions. En l’état actuel, doter systématiquement les élèves d’ordinateurs portables semble donc davantage justifié par une quête de modernité que par des choix éducatifs cohérents. Dira-t-on jamais assez, en matière de technologies éducatives, les pièges de l’illusion de modernité ? ». (3)

    On le voit, d’une technologie à l’autre, le problème reste entier, les dépenses élevées, pour un retour sur investissement impossible à mesurer puisque le critère premier dans la mise en place des outils, dans le cas qui nous concerne, n’est pas la progression des élèves à l’oral en langue étrangère.

    (1)Du cartable électronique aux ENT, La Documentation Française, 2004
    (2) Encart Bulletin officiel n° 21 du 21 mai 2009 « Préparation de la Rentrée 2009 »
    (3) Les dossiers de l’ingénierie éducative, CNDP, 2007.

  • Bonjour,
    j’utilise les TICE en permanence avec mes élèves de collège en SVT via le site www.monanneeaucollege.com
    Si vous demandez à mes élèves, demain on coupe le site et on revient au stricte manuel, ils vous diront qu’ils retrouvent l’âge de pierre...

    Ce site est né d’une envie personnelle de prolonger mes cours et de proposer une continuité au domicile de mes élèves qui étaient équipés d’Internet. Durant l’été 2003 j’ai donc créé le site et son organigramme, il se découpe en pages pour les SVT, les Mathématiques, et d’autres rubriques qui se sont ajoutées depuis, à la demande de mes élèves ou suite à mon envie personnelle.

    Ce site contient désormais plus de 800 pages, mes cours, des activités, des documents, des exercices auto-corrigés, plus de 4000 photographies de ma production, des photos d’activités réalisées en classe, des liens, un livre d’or, des fiches de cours et d’exercices imprimables, des vidéos réalisées avec le téléphone portable des élèves, par les élèves...c’est en fait une trace de notre travail en commun, une trace que les élèves peuvent retrouver à leur domicile.

    Les élèves peuvent l’utiliser à leur guise, il n’y a pas de notions d’obligations, les quatre niveaux du collège sont concernés. J’utilise le site en classe, via un vidéo projecteur, il me permet de trouver une mine d’informations pour appuyer mon argumentation.

    Les élèves communiquent avec moi par Email, ce qui me permet de répondre à des questions et d’aider l’élève dans sa construction du savoir.

    Trois façons d’utiliser le site
    Pour résumer ce site est utilisé de trois façons, pour préparer le cours, en cours et pour remédier le cours.

    Pour préparer le cours :

    En back office

    Mes élèves ont a disposition le résumé du cours, ils peuvent s’ils le désirent l’utiliser à leur domicile pour préparer la séquence, ce documenter... le back office en fait. Moi-même je mets en ligne des documents, je complète ceux existants pour ensuite les réinvestir en classe. Les sciences de la vie et de la terre se prêtent bien à ce type de démarche.

    En front office :

    Le site est utilisé de deux façons, soit en mutualisant les informations à l’aide d’un vidéo projecteur, où là je suis aux « commandes » et utilise les documents que j’ai préparés, mais aussi les exercices en fin de séquence pour faire un bilan des acquis, soit en salle informatique pour les élèves de sixième et les élèves de cinquième, où les élèves utilisent le site suivant un déroulant que je leur ai indiqué.

    La troisième façon dont est utilisé le site, est pour la remédiation, et la communication avec les élèves. On peut peut-être parler de post office, les élèves y retrouvent des photographies ainsi que des vidéos d’expériences réalisées en clase, ainsi que des photographies de matériel vivant ou non observé en classe. Ils peuvent ainsi se remémorer le cours, imprimer les photos pour compléter leur cours. A fin de ne léser personne, je donne les documents photocopiés aux élèves la séquence suivante.

    Le site est un lien entre la classe et le domicile, les élèves sont constructeur des notions, ils élaborent des ressources je mets ensuite sur le site. Ils ne sont plus que spectateurs, ils sont également acteurs... dans la production des ressources et donc de leur savoirs.

    Voilà en toute simplicité, le résumé de six années de recherche et de travail autour de ce site, pour aider mes élèves dans la construction de leur savoir.

    Cordialement Fabien Cregut

    « le savoir ne vaut que s’il est partagé »

 
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