Mission Fourgous pour les Tice

Opération « un collégien, un ordinateur portable »

vendredi 25 septembre 2009

Le conseil général des Landes a mis en place, depuis septembre 2001, une opération baptisée « un collégien, un ordinateur portable » : tous les élèves de 4ème et de 3ème ainsi que leurs professeurs ont reçu un ordinateur portable.Bilan aujourd’hui ? 57% des enseignants ont utilisé l’ordinateur dans un cours sur deux : bien plus que la moyenne nationale ! Les enseignants réfractaires avancent divers arguments : perte de temps, perturbation du cours, intérêt pédagogique non perçu, mais également, manque de formation, accompagnement insuffisant, programmes trop lourds… Cependant, 90% s’entre eux sont satisfaits de cette opération : l’ordinateur remotive, et l’élève et l’enseignant...

Les Landes : opération « un collégien, un ordinateur portable »

institut TNS-sofres

JPEG - 30.2 ko
Opération « un collégien, un ordinateur portable »

Pourquoi cette opération ?

  • baisse du niveau scolaire moyen des élèves
  • dégradation des rapports élèves-enseignants-parents
  • manque de motivation des enseignants

Résultats de l’opération :

  • 90% des enseignants et des parents se déclarent satisfaits de cette opération.
  • Seuls 3 professeurs sur 10 voient dans l’ordinateur une aide à l’apprentissage du collégien durant sa scolarité.
  • 2/3 des professeurs estiment que l’ordinateur apporte un plus pour tous les élèves sans distinction de niveau (8% pour les élèves en difficulté, 23% pour les meilleurs élèves).
  • 45% des enseignants (et 86% des parents) pensent que l’ordinateur « ouvre de nouvelles possibilités d’enseignement dont il serait dommage de se priver ».
  • 40% des élèves (mais 88% en technologie) utilisent leur ordinateur dans au-moins un cours sur deux.
  • 57% des enseignants (mais 90% en SVT et physique) utilisent leur ordinateur dans un cours sur deux. Un quart ne s’en servent jamais. Ceux qui l’utilisent le plus sont les 35-44 ans, en poste depuis 6 à 9 ans. Les plus jeunes et les plus de 55 ans sont ceux qui l’utilisent le moins. Les faibles utilisateurs de l’ordinateur invoquent :
    - perte de trop de temps dans l’installation des ordinateurs (53%)
    - perturbation de la classe (35%)
    - efficacité pédagogique non perçue (32%)
    - manque de scénarios pédagogique validés ou de ressources numériques adaptées (32%)
    - manque de formation et de conseils (20%)

Usages de l’ordinateur de l’enseignant :

  • exercices (39%)
  • présentation de documents animés ou vidéos (35%)
  • déroulement du cours (35%)
  • recherche sur l’internet (15%) Les faibles utilisateurs de l’internet déclarent :
    - efficacité pédagogique non perçue (42%)
    - trop de temps perdu pour la mise en place (41%)
    - perturbation de la classe (30%)
    - manque de conseils pédagogiques (16%)

Usage scolaire de l’ordinateur au domicile des élèves :

  • 1/3 des enseignants prescrivent régulièrement aux collégiens l’utilisation des logiciels pour un travail scolaire à la maison.
  • 1/5 demande régulièrement l’utilisation de l’internet dans le cadre d’un travail scolaire à la maison.

La continuité avec l’École est perçue comme un avantage, mais le copier-coller et les échanges entre élèves apparaissent comme un frein.

Formation des enseignants lors de l’opération :

  • 42% des enseignants ont bénéficié d’une formation interne à l’établissement
  • 21% n’ont perçu aucun encouragement du chef d’établissement
  • 52% ont bénéficié d’un stage mis en œuvre par les IA-IPR.
  • 29% n’ont perçu aucun encouragement de la part des IA-IPR.
  • 59% des enseignants jugent le nombre de formation insuffisant mais 80% des personnels d’encadrement déclarent que peu d’enseignants suivent les stages organisés par le CA-TICE. Les formations sont jugées insatisfaisantes par les enseignants. Ils disent manquer de conseils propres à leur discipline.

Les freins à l’usage :

  • Obligation d’annonce préalable d’une séance avec ordinateur lors du cours précédent
  • Temps d’installation trop long et difficile à gérer
  • Manque de temps pour découvrir et investir de nouvelles pratiques
  • Difficulté à percevoir les applications concrètes de certains logiciels
  • Trop grande disparité dans la maîtrise technique de l’outil par les élèves renforçant l’hétérogénéité de la classe.
  • Les dérives d’usages par les élèves (échappée sur le réseau)
  • Dérives « pédagogiques » : abus du correcteur d’orthographe, du « copier-coller »…

Avantages de l’utilisation de l’ordinateur :

  • motivation de l’élève (mais qui diminue au cours du temps)
  • possibilité de travail individuel personnalisé (pédagogie différenciée)
  • responsabilisation et autonomisation de l’élève
  • communication facilitée.

L’ordinateur permet de revoir le cours et/ou l’approche pédagogique : il remotive l’enseignant.

Lire à propos de cette opération : Demain, un prof numérique ? :

« Dans le monde du travail, les enseignants représentent quand même une des dernières professions à n’avoir pas été impactée par l’informatique ! Les professeurs ont tendance à faire comme si l’ordinateur était un outil comme les autres à l’image d’un stylo ou d’un manuel. Or, ce n’est pas en banalisant l’outil mais en l’adoptant, en essayant d’en tirer parti au mieux qu’ils peuvent s’en faire un allié. Grâce à l’informatique, ils ont la possibilité de créer des supports parfaitement adaptés aux difficultés de leurs élèves à un temps T. », (Alain Jaillet, enseignant-chercheur à l’université Louis-Pasteur de Strasbourg).


2 contributions

  • Opération « un collégien, un ordinateur portable » 4 octobre 2009 11:57, par Marie, professeur de Lettres en banlieue parisienne

    Les enseignants utilisent depuis longtemps l’informatique : leurs cours sont à 95 % préparés sur leurs ordinateurs personnels, dont ils ont dus se munir - sur leurs propres deniers - afin d’optimiser les supports. Mon premier achat de jeune enseignante il y a 8 ans a été un ordinateur : mon premier salaire y a été englouti...

    Mais entre l’utiliser pour préparer les cours en variant les supports, afin de proposer des exercices différenciés, rester à la disposition de l’établissement pour transférer notes et appréciations lors des fins de trimestre... ET l’utiliser en classe avec les élèves, il y a plusieurs fossés à franchir.

    Fossé financier : chaque salle de classe devrait être pourvue d’une connexion internet haut débit, chaque professeur devrait recevoir une formation adéquate à sa matière - ce qui est loin d’être le cas - , chaque enfant devrait pouvoir avoir son ordinateur portable disponible en classe.

    Fossé d’organisation : vous avez déjà demandé à une classe de 28 élèves de quatorze ans de sortir classeur et livres ? Cela peut déjà prendre une bonne dizaine de minutes sur 55 mn de cours... Alors sortir chacun un ordinateur portable, le connecter, l’allumer, cliquer sur la bonne page... Que reste-t-il pour faire notre métier : ENSEIGNER ?

    L’informatique est un outil qui me paraît merveilleux et riche ; mais il reste un outil et ne doit pas devenir une fin. Et je en suis pas convaincue qu’il permette à mes élèves en difficulté de maîtriser enfin leurs apprentissages.

  • Opération « un collégien, un ordinateur portable » 25 janvier 2010 09:05, par Philippe LESCA

    L’opération mise en place dans les Landes, peut permettre aux enseignants qui souhaitent développer, étendre, leurs pratiques pédagogiques, d’utiliser de nouveaux outils, qui, et je le vois dans les classes de mon collège, ne font que renforcer la participation, l’implication, l’attention, et donc l’intérêt des élèves.Ne serait ce pas ce que nous avons a rechercher tous pour améliorer la réussite des élèves ?
    J’invite Marie dans mon établissement pour qu’elle constate par elle même, que faire ouvrir leurs ordinateurs aux élèves d’une classe ne prend pas plus de temps qu’autre chose... je l’invite aussi à venir constater tout l’intérêt que ces outils peuvent apporter à la pédagogie.
    Etant Chef d’établissement, je mesure l’importance de mon rôle dans une dynamique que j’essaie d’insuffler, pour l’utilisation des TIC dans l’Enseignement.
    L’équipe pédagogique, volontaire et sensibilisée, me suit dans les évolutions que nous avons pu mettre en oeuvre avec les moyens techniques mis à notre disposition. elle voit aussi tout l’intérêt qu’elle peut tirer de tels moyens : gain de temps en classe avec l’appel des élèves en ligne, le cahier de textes numérique, la plus grande continuité pédagogique école/maison,.....
    Pour avancer, il faut se remettre en question !!! L’Ecole de demain est à ce prix.

    Philippe LESCA
    Principal
    Collège de LINXE (40)

 
Assemblée nationale   MEN