Le conseil général des Landes a mis en place, depuis septembre 2001, une opération baptisée « un collégien, un ordinateur portable » : tous les élèves de 4ème et de 3ème ainsi que leurs professeurs ont reçu un ordinateur portable.Bilan aujourd’hui ? 57% des enseignants ont utilisé l’ordinateur dans un cours sur deux : bien plus que la moyenne nationale ! Les enseignants réfractaires avancent divers arguments : perte de temps, perturbation du cours, intérêt pédagogique non perçu, mais également, manque de formation, accompagnement insuffisant, programmes trop lourds… Cependant, 90% s’entre eux sont satisfaits de cette opération : l’ordinateur remotive, et l’élève et l’enseignant...
Les Landes : opération « un collégien, un ordinateur portable »
institut TNS-sofres
Pourquoi cette opération ?
- baisse du niveau scolaire moyen des élèves
- dégradation des rapports élèves-enseignants-parents
- manque de motivation des enseignants
Résultats de l’opération :
- 90% des enseignants et des parents se déclarent satisfaits de cette opération.
- Seuls 3 professeurs sur 10 voient dans l’ordinateur une aide à l’apprentissage du collégien durant sa scolarité.
- 2/3 des professeurs estiment que l’ordinateur apporte un plus pour tous les élèves sans distinction de niveau (8% pour les élèves en difficulté, 23% pour les meilleurs élèves).
- 45% des enseignants (et 86% des parents) pensent que l’ordinateur « ouvre de nouvelles possibilités d’enseignement dont il serait dommage de se priver ».
- 40% des élèves (mais 88% en technologie) utilisent leur ordinateur dans au-moins un cours sur deux.
- 57% des enseignants (mais 90% en SVT et physique) utilisent leur ordinateur dans un cours sur deux. Un quart ne s’en servent jamais. Ceux qui l’utilisent le plus sont les 35-44 ans, en poste depuis 6 à 9 ans. Les plus jeunes et les plus de 55 ans sont ceux qui l’utilisent le moins.
Les faibles utilisateurs de l’ordinateur invoquent :
perte de trop de temps dans l’installation des ordinateurs (53%)
perturbation de la classe (35%)
efficacité pédagogique non perçue (32%)
manque de scénarios pédagogique validés ou de ressources numériques adaptées (32%)
manque de formation et de conseils (20%)
Usages de l’ordinateur de l’enseignant :
- exercices (39%)
- présentation de documents animés ou vidéos (35%)
- déroulement du cours (35%)
- recherche sur l’internet (15%)
Les faibles utilisateurs de l’internet déclarent :
efficacité pédagogique non perçue (42%)
trop de temps perdu pour la mise en place (41%)
perturbation de la classe (30%)
manque de conseils pédagogiques (16%)
Usage scolaire de l’ordinateur au domicile des élèves :
- 1/3 des enseignants prescrivent régulièrement aux collégiens l’utilisation des logiciels pour un travail scolaire à la maison.
- 1/5 demande régulièrement l’utilisation de l’internet dans le cadre d’un travail scolaire à la maison.
La continuité avec l’École est perçue comme un avantage, mais le copier-coller et les échanges entre élèves apparaissent comme un frein.
Formation des enseignants lors de l’opération :
- 42% des enseignants ont bénéficié d’une formation interne à l’établissement
- 21% n’ont perçu aucun encouragement du chef d’établissement
- 52% ont bénéficié d’un stage mis en œuvre par les IA-IPR.
- 29% n’ont perçu aucun encouragement de la part des IA-IPR.
- 59% des enseignants jugent le nombre de formation insuffisant mais 80% des personnels d’encadrement déclarent que peu d’enseignants suivent les stages organisés par le CA-TICE. Les formations sont jugées insatisfaisantes par les enseignants. Ils disent manquer de conseils propres à leur discipline.
Les freins à l’usage :
- Obligation d’annonce préalable d’une séance avec ordinateur lors du cours précédent
- Temps d’installation trop long et difficile à gérer
- Manque de temps pour découvrir et investir de nouvelles pratiques
- Difficulté à percevoir les applications concrètes de certains logiciels
- Trop grande disparité dans la maîtrise technique de l’outil par les élèves renforçant l’hétérogénéité de la classe.
- Les dérives d’usages par les élèves (échappée sur le réseau)
- Dérives « pédagogiques » : abus du correcteur d’orthographe, du « copier-coller »…
Avantages de l’utilisation de l’ordinateur :
- motivation de l’élève (mais qui diminue au cours du temps)
- possibilité de travail individuel personnalisé (pédagogie différenciée)
- responsabilisation et autonomisation de l’élève
- communication facilitée.
L’ordinateur permet de revoir le cours et/ou l’approche pédagogique : il remotive l’enseignant.
Lire à propos de cette opération : Demain, un prof numérique ? :
« Dans le monde du travail, les enseignants représentent quand même une des dernières professions à n’avoir pas été impactée par l’informatique ! Les professeurs ont tendance à faire comme si l’ordinateur était un outil comme les autres à l’image d’un stylo ou d’un manuel. Or, ce n’est pas en banalisant l’outil mais en l’adoptant, en essayant d’en tirer parti au mieux qu’ils peuvent s’en faire un allié. Grâce à l’informatique, ils ont la possibilité de créer des supports parfaitement adaptés aux difficultés de leurs élèves à un temps T. », (Alain Jaillet, enseignant-chercheur à l’université Louis-Pasteur de Strasbourg).
