Mission Fourgous pour les Tice

Le Figaro - 11 septembre 2009

lundi 14 septembre 2009

L’ÉCOLE VEUT RATTRAPER SON RETARD TECHNOLOGIQUE

À Élancourt, dans les Yvelines, toutes les écoles sont équipées de tableaux interactifs et d’environnements numériques de travail. Une part du « grand emprunt » pourrait être consacrée à financer le basculement dans le numérique.

L’école du futur devrait être bientôt à portée de clic. Récemment chargé par le premier ministre d’une mission de réflexions et de propositions pour la promotion des nouvelles technologies dans l’enseignement scolaire (Tice), le député UMP Jean-Michel Fourgous affirme qu’une partie du « grand emprunt » programmé par Nicolas Sarkozy pourrait être consacrée au développement du numérique à l’école. Aucune décision n’est encore prise « mais cette part est estimée à un milliard d’euros », dit-il.

Le gouvernement est préoccupé par le retard de la France. En matière de développement des Tice à l’école, elle occupe le vingt-quatrième rang sur vingt-sept dans l’Union européenne et le douzième rang en ce qui concerne le ratio entre élèves et ordinateurs. « On ne peut pas se permettre de conserver une sous-culture de l’outil informatique, affirme-t-il, alors que la moitié de la production de la richesse mondiale va dépendre de ces nouvelles technologies dans les années à venir. Nous aurons besoin d’ingénieurs, de techniciens… »

Cette semaine, Luc Chatel a aussi annoncé que l’Éducation nationale devait « totalement basculer dans l’ère du numérique ». L’objectif ministériel est de faire en sorte que le numérique soit davantage présent dans les établissements scolaires et intégré dans la pédagogie.

La question n’est plus de savoir s’il faut ou non des technologies dans l’éducation, « c’est un débat dépassé », affirme Jean-Michel Fourgous qui revendique six années d’innovation en matière de numérique. Les Tice motivent les élèves, permettent de lutter contre l’ennui et l’absentéisme à l’école, notamment auprès des perturbateurs. « On passe d’un enseignement traditionnel, frontal, à un enseignement où l’enfant est plus actif, parle plus. » Enfin, « on permet à l’enseignant de se réapproprier et de contrôler cette technologie qui souvent lui échappe mais dans laquelle les enfants sont tous à l’aise ».

Jeu vidéo pédagogique

Son programme d’e-éducation à Élancourt (Yvelines) a été baptisé « l’école du futur ». Dans cette ville, toutes les classes sont désormais équipées de tableaux interactifs et d’environnements numériques de travail. Des systèmes de vidéoconférences sont également disponibles pour apprendre l’anglais. En compagnie de leur institutrice, les élèves parlent régulièrement avec un professeur d’Oxford qui apparaît sur l’écran et commentent avec lui des images ludiques, adaptées à leur jeune âge. Dernière initiative en date, les enseignants mettent au point un serious game, un jeu vidéo pédagogique pour enrichir les enseignements d’histoire. En classe de troisième, certains pans du programme, la Seconde Guerre mondiale, par exemple, seront approchés via des jeux de stratégie. Donner des outils aux enseignants ne suffit pas. « Il faut les former et éviter que les matériels restent dans un carton, comme cela se produit parfois », reconnaît le député. Car s’il a mis en place une formation grâce à un investissement conséquent, les cellules d’appui qui existent dans chaque inspection académique restent parfois à l’état embryonnaire. « Chez moi, affirme le député, les enseignants ne veulent plus partir, tellement ces outils ont été intégrés dans leur pratique. »

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